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Avant les douze coups de minuit, la speakerine Jacqueline Huet présente pour la première fois Mike Brant à la télévision française.
Et le standard de la télé explose, le coup de foudre est instantané !
Les grands producteurs télé de l’époque, Jacques Martin, Philippe Bouvard, Guy Lux, l’aident à se faire connaître.
Bientôt Mike, présente son premier album longuement mûri au cours de 265 séances d’enregistrements (!).
Il éclate littéralement aux yeux des téléspectateurs européens qui le voient chanter,
le 28 octobre 1970, MAIS DANS LA LUMIÈRE et remporter le Grand Prix international RTL.
Heureux, il passe la fin de soirée en discothèque en compagnie de Dalida.
Rencontrée en 1969 au festival de la Chanson de Venise, Dalida impressionne beaucoup Mike, elle deviendra une amie.
Elle lui propose même de passer en <> dans son prochain spectacle à l’Olympia de Paris !
En Israël, les radios et les journaux s’emparent alors de l’enfant du pays pour ne plus le lâcher.
En France, Mike devient le chouchou des jeunes.

L’accident
Début 1971, Mike fait un triomphe au Midem.
Cette année-là, il sort trois 45 tours :
– NOUS IRONS À SLIGO,
– À CORPS PERDU,
– LA FILLE À AIMER,
et un album qui se vendra à 380 000 exemplaires.
Il chante au festival de Provins et enregistre ses deux premières chansons en allemand et LAISSE MOI T’AIMER en italien.
Pourtant, le 14 février 1971, il est victime d’un terrible accident de voiture sur la route de Bourg-en-Bresse.
Soudain sa voiture cale et un camion qui surgit ne peut l’éviter.
Il subit un traumatisme crânien.
France-Soir titre que Mike Brant a perdu la mémoire !
Ce n’est pas vrai mais il s’en sort très secoué.
Monique Le Marcis, dira rétrospectivement qu’après cet accident, il n’a peut-être pas été correctement soigné : tous ses problèmes ultérieurs seraient venus de là.

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LES SUCCES DE MIKE BRANT

juy.jpg1970 Mike Brant 64.382 3

1972 L’album d’or 2 issues 1

Toutes les couleurs 2401 123

1974 Mike Brant 74 36 602 1974 1973 C’est ma prière… 6886 702 rate
1975 Album souvenir 2 issues rate
1975 – Labels – Polydor Records] 2413 304 rate
1975 Spécial disque d’or 36 609 rate
1975 Super succès Vol. 1 36 603 rate
1975 Super succès Vol. 2 36 604 rate
1976 Coffret souvenir (3 LP) 2C 164-72644/5/6
1976 Mike Brant MFP 13322 rate
1979 Qui saura / Rien qu’une larme / Laisse-moi t’aimer… MFP 13418
1980 Mike Brant 72176 rate
1980 Mike Brant [Enregistrements Originaux 2 LP]
1980 Mike… En plein cœur de ta jeunesse (album souvenir) 2473 113
1982 Coffret 3 disques LP [mfp] Enregistrements originaux
1985 10ème anniversaire
1995 20ème anniversaire 1
2.00
1997 les grands succes de 1
3.50
1998 20 chansons d’or
2001 CD Story Mike Brant
2002 Les talents du siècle
2003 Laisse moi t’aimer
2003 C’est ma prière
2003 Master série: Mike Brant
2003 Série préférence: Laisse moi t’aimer
2003 Laisse moi t’aimer (Le meilleur de Mike Brant)
2004 L’essentiel
2005 Qui saura
2005 Les plus grandes chansons de Mike Brant
2005 Un grand bonheur
2006 Mike Brant Forever
Ses plus grands succès

1969 Laisse moi t’aimer / Parce que je t’aime plus que moi 4765 4
1.25 rate
1970 Mais dans la lumière / Et je suis heureux 2 issues rate
1970 Un grand bonheur / Au pays de ma maison 4999 rate
1971 À corps perdu CBS 7327 rate
1971 Nous irons a sligo / Mr. Schubert I Love You 2 issues rate
1972 Qui saura / Sans amis CBS 7969 5
2.47 rate
1972 C’est ma prière / L’amour c’est ça, l’amour c’est toi CBS 8423 4
1.80 rate
1973 Rien qu’une larme CBS 1372 2
2.00 rate
1973 Tout donné tout repris / La musique au fond du cœur CBS 1771 rate
1974 On se retrouve par hasard 2056.365 1
2.50 rate
1974 Viens, ce soir / Toi mon enfant CBS 2078 2
3.50 rate
1974 C’est comme ça que je t’aime 2056.344 rate
1975 Donne un peu de toi 2137 901/902 rate
1975 Qui pourra te dire 2056.389 1
4.00 rate
1975 Dis-lui 2056.435 rate
1976 My Way

.
 

Charmeur, Mike Brant l’est incontestablement

.
Sa voix, ses chansons, son séduisant physique, sa personnalité et l’immense enthousiasme qu’il suscite sans la provoquer, lui ont permis de devenir une vedette de tout premier plan »

La vie de Mike Brant au cinéma

Après avoir conquis l’Amérique, le biopic deviendrait-il à la mode en France ? Quoiqu’il en soit, le succès de La Môme donne ses idées aux producteurs hexagonaux. En effet, pas moins de deux projets sur la vie du chanteur Mike Brant sont actuellement à l’étude.

Le premier sera mis en scène par Ilan Duran Cohen, réalisateur du biopic télévisé Les Amants Du Flore autour du couple Simone de Beauvoir Beauvoir/Jean-Paul Sartre. Intitulé Mike Brant Forever, il sera coécrit par Lise Cadoch-de Clercq et Patrick De Lassagne (Zonzon, Petit Homme) en collaboration avec Yona Brant, nièce du célèbre chanteur.

A la fois réalisateur et producteur du film, Ilan Duran Cohen a confié à la presse : « Nous en sommes pour l’heure au casting production. Toute la question est de savoir si nous nous lançons dans un film à gros budget ou si nous nous contentons d’un budget moyen ». Le second projet en question serait une adaptation d’une biographie de la star réalisée par Hélène Angel et produit par Michael Gentile. Mais son caractère non-officiel pourrait mettre en péril la production de ce second film.

racontera la vie du chanteur d’origine israélienne Mike Brant, né Moshe Brand le 1er février 1947, de son enfance à Chypre jusqu’à son suicide à Paris 25 avril 1975, à seulement 28 ans. Selon Ilan Duran Cohen, l’interprète principal sera un acteur inconnu capable de parler hébreu et français. Le tournage du film doit commencer début 2008.

une lectrice a gagné Toute une journée…près de Mike
Quand j’ai réalisé que le télégramme que j’avais sous les yeux était signé : « Stéphanie », je n’en croyais pas mes yeux ! J’avais gagné une journée entière aux côtés de Mike Brant !

C’était trop beau pour vrai … Puis, une lettre m’a confirmé l’heure du rendez-vous. Je devais être le samedi suivant à dix heure chez Mike…Tout cela était donc vrai et ne relevait en rien du mauvais gag !…

Puis, le jour « j » arrivé… Mike m’a ouvert sa porte comme s’il me connaissait de longue date. Ce « Bonjour Mariana… », Je m’en souviendrais toute ma vie. Pendant un instant, je lui ai trouvé quelque chose de changé. Cela a dû se voir car il m’a dit « Oh ! C’est ma barbe, j’envisage de tournée un western, c’est pour cela que je la laisse pousser ! »

Et nous avons pouffé de rire, comme deux enfants. Son appartement est très grand, mais on ne s’en aperçoit nullement, tant il est confortable…Chaque chose y semble calfeutrée dans une douce chaleur. En fait, cet appartement correspond à Mike et à ses chansons : tout y est doux…

Toutes les cinq minutes, le téléphone sonnait, Mike excédé, le débrancha. Cette journée, il ne la passait qu’avec moi. Je compris alors ce que devait être la vie de vedette… Il me montra le courrier de ses fans. Il y en avait tant que je ne savais par où commencer…

Comme j’aurais aimé pouvoir toujours rester ainsi à ses côtés, et l’aider dans son métier, répondre à toutes ces lettres qui s’amoncelaient ! Puis pendant peut-être trois heures, nous avons parlé de son métier, de ses goûts, de ses projets. Mike m’a montré tous les bibelots, tous les objets qui l’entourent et qu’il aime. A vrai dire je ne réalisais pas. J’étais chez « chez Mike Brant, l’idole »… mon idole… Il était là, plus beau encore que sur toutes les photos qui ornaient ma chambre et il me parlait…

Quand il sut que je ne savais ni jouer aux cartes, ni faire de réussites, Mike s’empressa de m’initier aux jeux les plus divers…Il s’assit près de moi et m’expliqua tous les « trucs » que doit connaître un bon joueur. Une fois même, nous jouions au poker et j’ai … gagné ! Mais je soupçonne Mike d’avoir fait exprès de me laisser gagner… Puis, quand je me sentie assez décontractée, assez à l’aise j’osais lui avouer que ma grande envie : voir sa garde – robe. Il ne put s’empêcher de rire. Pour lui tout semblait couler de source. J’avais gagné son amitié.

Vers les sept heures, Mike voulut me confectionner un dîner de son cru…Finalement, je réussis à le décider de me laisser faire… C’était trop merveilleux !… Ce soir là, je crois bien m’être surpassée.

Je n’ai jamais tellement aimé mon prénom, mais depuis ce samedi où Mike l’a prononcé de nombreuse fois, je l’aime et n’en changerais pour rien au monde… Notre dîner aux chandelles fut digne des plus beaux contes de fées. Malheureusement, il était déjà très tard et j’allais bientôt devoir rentrer chez moi. Mike le compris ; pendant cinq minutes il disparut dans sa chambre et en revint avec le plus beau cadeau du monde ! Mike m’offrait une petite bague d’or ciselé… Je restais sans voix…En me raccompagnant à la maison, il m’a embrassée, un baiser d’au revoir… j’étais triste que ce beau rêve se termine mais Mike m’a promis de venir me voir très bientôt…Je l’attends avec impatience.

Sa scolarité est marquée par son attirance pour le dessin, mais incontestablement, Mike posséde un talent inné pour la chanson, une voix somptueuse qui ravit tous ses proches et amis. Ainsi, pour son dixième anniversaire, ses parents lui donnent un disque des Platters, un album dont la chanson My Prayer va durablement impressionner la future idole.
Ses études ne le passionnent guère. En 1960, il quitte le lycée à l’âge de 13 ans. Il est envoyé en apprentissage par ses parents chez Yoram, le cousin de sa mère, pour travailler au kibboutz Kfar Haemek près de la frontière Jordanienne. Moshé découvre alors la vie à la campagne, le travail de la terre, la vie en collectivité. Yoram l’oriente dans une ferme où la vie est rigoureusement organisée : lever aux aurores pour aller cueillir des fruits et les mettre dans des cagettes, petit déjeuner vers 8 heures puis retour aux champs jusqu’à 11 heures avant de rentrer se doucher et déjeuner. L’après-midi, le travail reprend jusqu’au soir où pendant la veillée, il émerveille la petite communauté en interprétant des chants yiddish, groupés autour du feu, tous écoutent sa voix somptueuse. Dès qu’il le peut, Moshe s’éloigne pourtant des autres, il sort alors son bien le plus précieux : un transistor. Il découvre le jazz et, surtout, le rock’n'roll. Elvis Presley devient son idole, il apprend ses chansons phonétiquement et les fredonne sans cesse.
ce chanteur du début des années 70
ce chanteur du début des années 70 a été l’idole des jeunes pendant 5 ans d’affilée.
Cette expression “l’idole des jeunes” ne vous rappelle t’elle rien?
Si biensûr, les fans de Johnny vous diront que cette formule littéraire leur appartient.
C’est vrai, et pourtant… de 1970 à 1975 Mike BRANT a bien été l’idole de toute une génération de jeunes.
C’est le seul interprète ayant devancé régulièrement Johnny HALLYDAY dans les hits parades de l’époque.
Mike, lui, n’est plus là.
Il a choisi de partir un matin d’avril… mais il restera dans nos coeur

.
 

C’était un très très beau garçon

C’était un très très beau garçon. Il avait les yeux bleus, les cheveux naturellement ondulés, il mesurait 1,87m et il portait superbement bien sa veste cintrée, ses chemises à jabot et ses pantalons à pattes d’éléphant. Il avait tout pour plaire mais il avait surtout une voix, une voix d’exception…un cadeau. qui a propulsé Mike Brant

dans cette région peu fréquentée et dangereuse de la gloire immédiate. Celle qui peut dévaster tout homme ou toute femme que rien n’a préparé à une telle épreuve : Les ragots de la presse à ragots, la jalousie de ceux qui refusent l’inconnu, la folie hystérique des fans… Les années 70 ! Ajoutez à cela la nature fragile d’un garçon dont la disparition brutale, suicide par défénestration, recèle un mystère et vous avez tous les ingrédients nécessaires pour nourrir un mythe et entretenir autour de Mike Brant et de ses tubes qui ne vieillissent guère de quoi fabriquer une légende.

Mike Brant, c’est un chanteur à voix, un chanteur de charme. Les américains appellent ça un « crooner ». Il peut chanter sur dix-sept notes, monter haut dans les aigus tout en donnant une impression de grande facilité. Sa voix est exceptionnelle. C’est un don. C’est une voix chaude, claire à la fois, un timbre unique, qui permet de tout chanter aussi bien le répertoire de Frank Sinatra que celui de Tom Jones, celui des Platters comme celui d’Elvis Presley.

Mais ce qui va séduire surtout les femmes c’est son visage d’ange doublé d’un physique de séducteur. Mais il ne faut pas croire qu’il ne s’agit là que d’un fantasme de midinette : du regard de Mike émane une certaine tristesse, une sorte de mélancolie qui peut toucher la fibre maternelle d’un public, bref, cristalliser de nombreux désirs.

Au cours de l’été 1974, alors qu’il est au sommet de sa gloire et de sa popularité, quand les jeunes femmes l’abordent dans la rue Mike Brant répond « vous vous trompez, je ne suis pas Mike Brant, je travaille dans une banque » ! Si il se dissimule ainsi c’est qu’il est entré dans une phase de grand malaise : les concerts et l’enregistrement d’un quatrième album l’ont épuisé. Les fans qui le harcèlent lui font peur. Il vit d’ailleurs les volets fermés, craignant qu’on l’observe, sortant rarement de chez lui et jamais seul.

Une vérification, ce que l’on appelle un check up médical, dans une clinique Suisse révèle les signes d’une profonde dépression. Le 22 novembre 1974 Mike Brant se jette par la fenêtre du cinquième étage de la chambre d’hôtel de son producteur Simon Wajntrob, Hôtel de la Paix à Genève. Un balcon avancé à hauteur du troisième étage interrompra une chute qui aurait sinon été fatale. Il souffre d’un traumatisme crânien, de fractures aux jambes. La jambe gauche déchirée par une fracture ouverte va nécessiter cinq opérations successives.

Le sourire de Mike Brant ne peut désormais plus dissimuler une vraie fragilité. Elle prend peut-être sa source dans une histoire qui a commencé avant sa naissance, avant la naissance du petit Moshé Mickaël Brand, le futur Mike Brant. En effet, sa mère Bronia Rosenberg est âgé de 23 ans quand elle sort du camp de concentration et d’extermination d’Auchwitz. Au centre d’accueil des déportés cette femme va rencontrer Fichel Brand, Polonais de 20 ans son aîné. Et entre ces deux êtres qui ont tout perdu il y aura ce que l’on appelle un coup de foudre. Ensemble ils voudront reconstruire, construire une famille. Mais reconstruire ne veut pas signifier que l’on efface le passé. Zvi Brand, le frère cadet de Mike Brant raconte : « A la maison il y avait toujours dans l’air une atmosphère d’Holocauste. Notre mère ne parlait jamais de l’Holocauste. Elle ne nous en a jamais rien dit. Mais nous le sentions toujours dans l’air. En grandissant nous sommes devenus très sensibles comme tous les enfants de la génération après l’Holocauste ». A ce sujet, on peut entendre Catherine Grandcard, psychothérapeute clinicienne nous dire dans « Légende », l’émission de Philippe Labro : « Si il y a une chose qui caractérise peut-être cette génération, c’est souvent le sentiment d’être radicalement unique, c’est-à-dire de ne ressembler à personne, de n’avoir aucun semblable. Et ce sentiment là peut être la source d’une grande force et originalité permettant d’aller très loin dans la créativité, dans la réussite sociale et professionnelle mais cela peut aussi avoir une autre face, c’est-à-dire le vertige d’être absolument seul au monde et sans personne qui vous ressemble ».

Comme de nombreux autres juifs de l’époque le jeune couple décide d’aller tenter sa chance en terre d’Israël. Ils vivent l’Exode : un bateau prévu pour 40 passagers sur lequel ils s’entassent à 200 est repoussé par les Anglais vers l’île de Chypre. C’est là que Bronia, enceinte du petit Moshe, vit une grossesse dans des conditions d’hygiène désastreuse et dans l’angoisse de son avenir. C’est donc à Chypre, dans un camp de réfugiés à Nicosie que Moshe verra le jour dans la nuit du 1er au 2 février 1947. En novembre de la même année l’O.N.U va voter le principe de naissance de l’Etat d’Israël.

Israël donc, Haïfa, où la famille Brand s’installe et où va y grandir le petit Moshe. Il ne marche qu’à un ans et demi, mais c’est un retard presque anodin car ses parents ont un autre sujet d’inquiétude : leur enfant ne parle pas. Les spécialistes vont diagnostiquer ce que l’on appelle une aphasie d’origine psychologique, donc il n’existe aucun traitement. Il parlera un jour mais nul ne peut dire quand ! Son frère raconte : « Tous les jours un marchand passait avec un cheval et une carriole et il criait « Kerah ! Kerah ! » ce qui veut dire « glace ! glace ! ». Mon père descendait, il achetait un demi pain de glace et il le mettait dans le réfrigérateur… Les premiers mots de Mike ont été «Kerah ! Kerah ! Ima Kerah ! » Ce qui veut dire « Maman ! glace ! » De ce jour, il s’est mit à parler couramment. »

Mike à 4 ans, il commence à parler vite, un peu comme si il voulait rattraper le temps perdu. Il devient bavard, chante toute la journée… Quand il se fait renvoyer de l’école pour indiscipline et que son père lui demande ce qu’il compte devenir dans la vie, Moshe répond « Je serais vedette ou clochard ! ».

Mais à la chorale de son école sa voix séduit déjà tout le monde. Sous le pseudonyme américanisé de Mikaël Cella, Moshe Brand va commencer à chanter dans les grands hôtels du Pays. Il dira plus tard « A cette époque je n’avais pas de soucis, je gagnais bien ma vie et j’avais le temps de vivre ». Mais ce n’est qu’un début, le jeune homme rêve : il souhaite faire une carrière internationale, aller en Amérique, chanter à Las Vegas en smoking blanc…

Le smoking blanc, c’est toutes les années 70. Mais derrière cette phrase « je serais vedette ou clochard », il y a la détermination d’un garçon de vouloir sortir de sa condition sociale, d’assurer une vieillesse confortable à ses parents. De faire carrière bien sûr mais surtout d’épater son père.

Mais en avril 1967 alors qu’il chante à l’hôtel Hilton à Tel Aviv, il est appelé d’urgence au chevet de son père mais quand il arrive à Haïfa, Fishel le papa est mort. Mike va demeurer prostré. Il se sent coupable de ne pas être arrivé à temps, se demande pourquoi continuer à chanter si le père n’est plus là pour l’encourager et pour lui dire qu’il est fier de lui. Ses proches vont le persuader de remonter sur scène. Désormais, la première chanson de chaque concert qu’il fera, il l’interprétera pour son père.

Après une longue tournée aux Etats-Unis, en Afrique et même en Australie avec le groupe folklorique Lakat Karmon Mike Brant reprend en solo la tournée des grands hôtels. Et un soir, en mai 1969, à Téhéran, dans la salle du Baccara, cabaret de l’hôtel Hilton, Sylvie Vartan, vedette de la chanson française est à là en tournée avec son secrétaire Carlos. Tous deux sont immédiatement séduits par le chanteur de l’orchestre : la voix, le physique, le répertoire, le charisme, l’humour aussi, puisqu’il termine son répertoire par une grimaçante imitation de Jerry Lewis, arrêtent leur regard…

Trois mois après cette rencontre à Téhéran Mike débarque à Paris. Il ne parle pas un mot de français, à peine un peu d’anglais. Il va vite chanter sur la scène du Bistingo, un bistrot Rive Gauche dont Carlos est l’un des animateurs, et il y fait un succès. On lui prend alors rendez-vous avec un compositeur, Jean Renard qui, ému, se souvient : « Nous étions précisément en Studio avec Sylvie Vartan alors je me suis mis au piano et sans rien me dire Mike a attaqué « Summertime » et là je me suis dit, aïe aïe aïe, si il chante comme ça c’est donc qu’il sait tout faire… J’ai bien senti que c’était un génie, un monstre ! Je me suis dis qu’est-ce qu’il peut bien chanter cet animal ? On va lui faire un truc tout simple, y’a qu’à parler d’amour et tout de suite est venu « Laisse-moi t’aimer ». Pas terrible, mais je me suis dis qu’avec sa voix ça allait peut-être le faire. Ca allait peut-être être formidable quoi… ». Si bien qu’une semaine après leur rencontre il va faire entrer Mike Brant en Studio. Ce sera assez laborieux car c’est la première séance d’enregistrement de disque de Mike. Il y a la barrière de la langue puisqu’il ne la comprend pas. Il ne lit pas l’alphabet. Donc il réécrit en hébreux et en phonétique le texte de la chanson pour pouvoir la chanter. Cela va prendre deux mois pour enregistrer un titre, mais de tels efforts seront récompensés puisque ce premier titre c’est tout simplement « Laisse-moi t’aimer » !

Si la chanson ne fait pas forcément l’unanimité, les choses vont quand même aller très vite car Mike fait une rencontre déterminante. Il existe au sein de la direction des variétés de RTL une jeune assistante, Monique le Marci, qui croit tout de suite, à peine l’a-t-elle entendu, au talent et à la carrière de Mike Brant. Elle va imposer « Laisse-moi t’aimer » sur l’antenne. Le titre devint ce que l’on appelle un tube, le disque est mis en vente en février 1970. Il se vend à plus d’un million d’exemplaires. A 23 ans, celui qui était hier un parfait inconnu est passé directement au statut de vedette, comme on dit, vedette de la chanson française avec un public fidèle et des fans qui vont faire de lui un recordman des ventes. En octobre de la même année, Mike Brant remporte le Grand Prix RTL International avec une autre chanson « Mais dans la lumière ».

Pas un numéro de Salut les copains, Podium, Stéphanie n’est publié sans que l’on propose en page centrale un poster du jeune homme ou qu’on ne se fasse l’écho d’une histoire sentimentale totalement inventée. L’entourage professionnel de l’artiste est d’ailleurs complice de ce genre de phénomène : ce qui compte, c’est que l’on parle de lui. Ainsi, victime d’un grave accident de voiture en 1971 on va lui rajouter des bandages sur sa tête avant de laisser entrer les photographes dans sa chambre, donnant l’impression qu’il se trouvait à l’article de la mort alors que quelques secondes auparavant il éclatait de rire avec son producteur !

Dans le petit univers du disque, le métier du disque, le disque business, le succès de Mike Brant attise les jalousies : on le dit prétentieux alors qu’il est timide ; on le dit arrogant alors qu’en fait il est très complexé puisqu’il parle mal le français. Il le lit encore moins bien mais suffisamment pourtant pour être blessé par les propos de ceux qui le prennent pour un imbécile, ou par les blagues faciles de l’humoriste qui dit « drame chez Mike Brant, sa bibliothèque a brûlé, il a perdu ses albums à colorier » !

A 24 ans, hier il était un parfait inconnu, aujourd’hui il côtoie au Hit Parade Claude François, Johnny Hallyday, Joe Dassin… Entre-temps, il rencontre Dalida qui l’impressionne beaucoup. Elle deviendra son amie. Elle lui propose de passer en « vedette anglaise » dans son prochain spectacle à l’Olympia de Paris. Jean Renard, devenu non seulement son producteur mais également son ami, trouve que c’est trop tôt et que Mike n’est pas encore prêt, mais Mike ne veut rien entendre. Et d’ailleurs cette décision sera à l’origine de leur rupture professionnelle mais elle lui vaudra aussi des critiques très violentes de la part de la Presse qui dira de lui qu’il chante « de la soupe » ( !!) Certains le traiteront même de « hors-d’œuvre avarié »…

Avec son sourire ravageur, il plait aux femmes, accumule les liaisons, mais aucune des femmes qui passent dans sa vie que ce soir pour un soir ou quelques mois ne supportera la promiscuité des admiratrices, mais surtout l’emploi du temps démentiel du chanteur. Il va donner une moyenne de 250 représentations par ans et le service d’ordre qui veille à sa sécurité lors de ses concerts est digne de celui d’un chef d’Etat en déplacement. De nombreuses consignes sont instaurées : à dix mètres de la scène, double rangées de barrières métalliques ; une voiture de modèle différent à chaque gala doit attendre moteur allumé à la sortie de la scène, si bien que Mike Brant est déjà très loin quand le public réclame des appels. Il faut dire que l’hystérie de certaines de ses fans était démesurée et certaines n’hésitaient pas à lui venir dessus avec des ciseaux dans le but de lui voler une mèche de ses cheveux. Le drame de Mike était qu’il voulait être reconnu en tant qu’artiste alors qu’on le considérait plus comme une idole. Quel homme aussi éloigné de sa terre natale, aussi offert en pâture, aux ragots des humoristes professionnels, pourrait tenir aussi longtemps sous une telle pression ?

…Tout paraissait lui sourire mais le doute s’est installé : pourra t-il renouveler ses succès à chacun de ses disques ? Mais surtout, et en dehors de tout, il a peur pour son physique : il a peur de grossir, il a une peur panique de perdre ses cheveux. On raconte même qu’il comptait le matin sur son oreiller les cheveux qu’il avait perdus pendant la nuit. On n’est pas loin du comportement mono maniaque. Ce qui fait que son succès auprès des femmes, les fans qui couchent devant sa porte l’obligeant à déménager, au lieu de conforter son narcissisme, au lieu de conforter son ego, augmentent cette peur irraisonnée. Il avait désiré l’adulation du public. Voici maintenant que ce phénomène l’effraie.

En septembre 1972, à Munich, onze athlètes Israéliens qui participaient aux Jeux Olympiques sont abattus par un commando de terroristes Palestiniens. Les agressions anti-israéliens n’ont plus pour seules cibles les militants et les hommes politiques. Et si l’on s’en prend aux athlètes alors on pourrait s’en prendre aux artistes. Pour Mike, l’angoisse des attentats pourrait déclencher alors un sentiment de paranoïa. Si Mike Brant se croit menacé c’est parce qu’il se sent profondément israélien et quand la guerre du Kippour éclate en octobre 1976, il voudra démontrer son attachement à son pays. Mike Brant interrompt sa tournée au Canada. Il avait été réformé du Service Militaire à cause d’un ulcère à l’estomac qu’on avait opéré lorsqu’il avait quinze ans. Il ne peut donc se battre comme son frère pour son Pays. Son frère Zvi dira que cette guerre aura profondément changé la personnalité de Mike. Lors d’une visite qu’il fera à son frère engagé dans cette guerre, il apportera des disques pour les soldats, visitera les hôpitaux, donnera des concerts… Mais une partie de la presse israélienne dénoncera ce geste comme un coup de publicité ( !!) . Or, ce déplacement est dicté par des convictions personnelles, d’ailleurs Mike Brant a interdit à son entourage d’avertir les journalistes de sa visite. Il est vrai que depuis qu’il s’est installé en France il est stigmatisé par la presse du pays qui lui reproche de les avoir abandonné.

« C’est ma prière », première composition de Mike Brant, succès instantané ! Le titre fait un peu penser à celui du tube des Platters « My prayer ». C’était surtout le premier 45 tours que sa maman avait offert au petit Mike. Et alors, à partir de là, il va composer ses chansons et adoptera une méthode assez intéressante puisqu’il n’a jamais apprit à écrire la musique. En fait, il trouve les mélodies et tout en se les fredonnant il place les voyelles, si bien qu’ensuite son parolier, Michel Jourdan, n’a plus qu’à créer, trouver, inventer les mots qui entreront le mieux en consonance avec ces voyelles. De cette étroite collaboration vont naître les plus grands tubes de Mike Brant : « C’est comme ça que je t’aime », « Rien qu’une larme »…

Tournées, galas, enregistrements, le rythme incessant, le harcèlement des fans, c’est le lot de tous les chanteurs pop de l’époque. Et, pendant la seule année 1973, il va chanter dans deux cents villes de gala en gala parcourant 80 000 kilomètres… Malgré ses succès, malgré les millions de disques vendus, Mike Brant s’enfonce dans une dépression qu’il ne veut sans doute pas encore reconnaître. Le 4 mai 1974, à un concert à Boissy-Saint-Léger, il craque ! Il perd le contrôle de soi pour la première fois : c’est au bout de la quatrième chanson qu’il va sortir de scène et s’enfuir dans sa voiture, terrifié, ne se calmant qu’une fois cloîtré dans son appartement. Quelques jours plus tard seulement, à un autre concert, il s’enferme dans sa loge et brise du poing le miroir qui lui renvoi un reflet qu’il ne reconnaît pas. Il va dire : « Je ne veux plus être Mike Brant ! » Voilà donc un homme à la recherche de son identité, à la recherche d’un équilibre. Dans ces cas là, qu’est-ce qu’on fait ? Que va faire un chanteur professionnel ? Si il ne peut pas se changer lui alors il va changer les gens qui l’entourent.

Dès leur première rencontre Mike Brant semble fasciné par Simon Wajntrob, homme d’affaires aux fréquentations douteuses qui se présente comme vendeur exclusif des œuvres du peintre Salvadore Dali. Propriétaire de chevaux, il roule en Rolls-Royce et surtout, il parle l’Hébreux. Simon Wajntrob va devenir le producteur de Mike Brant… Mais à l’heure des premiers comptes le chanteur s’apercevra très vite que ses revenus ne correspondent pas à ses espérances ni aux promesses faites par le producteur. Une subtilité du contrat le liant à son producteur lui aurait-elle échappée ou a-t-il tout simplement été escroqué ? Mike Brant se sent spolié, trahi, il a besoin d’une pause et refuse donc de faire une tournée pour l’été 1974.

…« Etat mélancoliforme sous dépendance suicidaire chronique », tek est le diagnostic des médecins au lendemain de sa tentative de suicide le 22 novembre 1974 à Genève. A ses amis venus à son chevet, à sa mère accourue d’Israël, Mike Brant ne veut pas dire un seul mot de ce qui s’est véritablement passé ce matin là dans la chambre de son producteur Simon Wajntrob au cinquième étage avant qu’il ne saute. Les anti-dépresseurs, les calmants et les stimulants devraient l’aider à sortir de sa dépression. Mike Brant est aussi réconforté par les conversations qu’il a avec l’aumônier de l’hôpital et par la lecture d’une Bible hébraïque qu’il tient à portée de mains.

En février 1975, juste après y avoir fêté ses vingt-huit ans, Mike Brant quitte l’hôpital. Il ne veut pas rentrer à Paris ne se sentant pas encore prêt, mais c’est une chanson qui le fera sortir de sa retraite, « feelings ». Au mois d’avril 1975, Mike Brant écoute l’adaptation qu’il vient d’enregistrer. Il est satisfait du résultat et se dit que ce coup ci il pourra peut-être faire l’Olympia. Michel Jourdan, son parolier, témoigne : « Quand il me parlait un peu de ses rêves, Mike Brant me disait « la prochaine fois que je ferais l’Olympia ça sera tout seul, ça sera en vedette… En première partie, je serais en noir et tout l’orchestre sera en blanc et tout le contraire après l’entracte !…Il voyait ça comme un show style Las Vegas et quand il me parlait de ses goût musicaux, on peut dire qu’ils étaient bien loin de son répertoire. C’est la raison pour laquelle lorsqu’il a eu l’occasion de chanter « Feeling » qui rentrait justement dans un répertoire plus « classieux » par rapport à ce qu’il avait chanté jusque alors, et bien là, c’est la toute première fois que je l’ai vu fier de ce qu’il avait fait ».

Monique le Marci témoigne également : « Le soir où je suis allée au Studio 92 écouter « Dis-lui », alors là, il était redevenu lui-même… Et rien, rien, rien n’aurait pu laisser présager, imaginer ce qui allait arriver le lendemain… ».

Mais comment prévoir ? Dans les couloirs du studio d’enregistrement Mike Brant y croise Jean Renard. Les deux hommes ne se sont pas revus depuis l’embrouille ne novembre 1971 et à lui aussi Mike Brant va laisser l’impression d’un homme pour qui tout recommence. Mike lui propose même de refaire une chanson ensemble, ce qu’il accepte et ils se donnent alors rendez-vous le lundi suivant à 14h30 au 67 rue de Provence situé derrière les Galeries Lafayette.

Mike Brant s’est-il enfin débarrassé de ses démons ? Contre l’avis des médecins, malgré les craintes de son entourage il décide d’arrêter son traitement médicamenteux… Si l’on peut à peu près reconstituer les dernières heures de la vie de ce chanteur en proie à tous les désarrois, on peut dire qu’il aurait, vers vingt heures, rejoint l’appartement d’une amie, rue Erlanger dans le seizième arrondissement, pour y passer la nuit. Quand elle est rentrée chez elle, elle l’aurait trouvé préoccupé et d’humeur maussade. Il se serait couché tard. Mais à plusieurs reprises, au cours d’une nuit où il ne trouvait pas le sommeil, il se serait levé pour composer un numéro de téléphone…A qui ? On ne saura jamais. Téléphone qui ne répond pas… Ce qui est sûr en revanche, c’est que le matin du vendredi 25 avril 1975, vers 11 heures, Mike Brant se jette par la fenêtre du sixième étage. Le treillage en bambou fixé à la rambarde du balcon a rompu sous le poids de son corps. L’appartement du sixième étage est légèrement en retrait de la façade et à l’étage en dessous le balcon aurait pu ou dû arrêter la chute. Il est mort sur le coup. Mike Brant avait 28 ans.

Le 7 mai 1975 Mike Brant est enterré au cimetière d’Haïfa en Israël. Dans l’émission de Philippe Labro, on peut voir Zvi, le frère, très ému fait la remarque suivante : « Il repose dans un endroit très calme. En face du cimetière il y a la plage où il allait nager. Elle s’appelle Carmel Beach… et maintenant, il est face à cette plage… J’espère qu’il est en paix, là où il est aujourd’hui ».

Michel Jourdan témoigne à propos de l’enterrement de Mike Brant : «Je suis allé à Haïfa. Et dans cet avion qui nous y conduisait, alors que dans l’entourage de Mike Brant, tous lui disaient « Mike, tu es mon ami », « Mike, tu es mon frère », « Mike par-ci », «Mike par-là »… et bien dans cet avion il y avait Simon Wajntrob, sa femme, Alain Krief et moi… On était quatre ! Ca aussi c’est assez significatif de notre beau métier » !

Et Jean Renard de conclure : « Je ne pouvais pas admettre son suicide, c’est pas possible. Alors est-ce que j’ai raison ou est-ce que j’ai tort ? Mais je crois que c’est ce qui doit faire partie de la légende. Et si il y en a qu’un qui dit qu’on l’a tué, c’est moi ! Alors d’accord, Jean Renard se trompe ? Bon, c’est beau la légende, non ? ».

Vingt-huit ans, une voix en or, tout pour réussir… Tout pour s’exploser oui ! Quel cliché, quelle banalité. Pourtant, cela n’est jamais banal une telle souffrance, un tel non-sens. Polémiques, spéculations, fables ont évidemment surgies tout de suite parmi les fans mais aussi parmi la presse qui alimentait les fans de sa gloire. Alors, on a tout avancé ; tout, et son contraire : Il se serait tué pour l’amour d’une femme, ou bien sous l’empire d’une drogue. Ou bien il aurait été poussé, ce qui veut dire qu’il aurait été assassiné ! Un mari jaloux, services secrets, trafic d’arts… Ce qui demeure, la seule vérité, c’est cet itinéraire d’un enfant doué pour chanter et sans doute pas pour vivre. Après tout, chanter et vivre cela ne se conjugue pas aussi facilement que ça.

Il a régné, nous ont dit ses proches, une atmosphère empoisonnée autour de lui : il gagnait, et surtout faisait gagner tellement d’argent à tellement de gens ! Et la mort a poursuivi son travail après sa disparition : Simon Wajntrob son producteur et Alain Krief son secrétaire ont disparu… Morts violentes, mais on a conclu a deux suicides… Cela fait beaucoup de suicides autour du même nom !

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De son vrai nom Moshe Brand, Mike Brant est né le 2 février 1947, à Nicosie, dans l’île de Chypre, en pleine Méditerranée.

Sa mère est une Polonaise brune du nom de Bronia Rosenberg.

C’est l’une des rares rescapées du camp d’Auschwitz, de triste mémoire, où toute sa famille a été exterminée par les nazis allemands.

Un miracle de l’amour

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, sa mère, Bronia, peut à peine tenir debout.

En 1945, quatre jours après la libération du camp par l’armée russe, elle arrive au centre d’accueil des déportés de Poking, perdu dans la campagne polonaise.

Un miracle se produit. Fichel Brand, un Russe d’une quarantaine d’années, ancien résistant du maquis, l’aide, un soir de distribution de soupe, à se relever.

Elle a 23 ans, elle lui sourit, Cupidon frappe très fort, et voilà ces deux miraculés de l’enfer amoureux l’un de l’autre !

Bientôt, Bronia est tellement heureuse qu’elle se remet à chanter.

C’est l’amour fou …

Il s’appellera Moshe Mikaêl Brand

Une semaine avant la fête des amoureux, en 1945, Bronia et Fichel Brand partent pour la France et le soleil de Marseille.

De là, ils embarquent pour la Palestine dans l’un des .

Le navire, prévu pour 40 passagers, contient 200 personnes qui rêvent toutes de la Terre promise.

Les Anglais, on le sait depuis le superbe film Exodus, empêchent alors tout débarquement en Terre promise.

Les deux amoureux se retrouvent dans un centre d’accueil de l’île de Chypre, entre Nicosie et Limassol.

C’est là, à l’hôpital de fortune du camp, que naît, le premier février 1947, un beau bébé de 4 kilos et demi, aux cheveux noirs et aux yeux bleus.

Il s’appellera Moshe Mikaêl Brand.

L’enfant des kibboutz

La petite famille Brand débarque finalement, fin septembre 1947, à Haïfa, en Israël.

De là, un vieux bus les emmène par une route poussiéreuse dans l’une de ces communautés agricoles d’une terre palestinienne qui n’est pas encore le nouvel Etat d’Israël, le kibboutz Gvat, en Galilée.

Fichel et Bronia y élèvent des poulets et travaillent la terre.

Ce n’est pas très facile pour eux, mais le petit Moshe peut au moins gambader, se gaver de fruits et d’oeufs et découvrir la nature.

Au bout d’un an et demi, ils retournent à Haïfa et s’installent au 9, rue Kibboutz-Galouiot.

Fichel travaille cette fois à la mairie du port.

Un enfant muet !

Les cheveux de Moshe s’éclaircissent, le bébé est timide, mais attachant. Un petit frère, Zvi, vient rejoindre la famille.

Tout pourrait aller bien pour les Brand, malgré des conditions matérielles précaires.

Le petit Moshe est un enfant vif et joueur, mais il ne marche qu’à l’âge de 19 mois et, drame, il ne se décide pas à parler.

l sait rire à l’occasion, un point, c’est tout !

C’est un enfant muet !

Les parents Brand emploient les grands moyens.

Ils vendent une partie de leur mobilier et font le voyage jusqu’aux Etats-Unis.

Le spécialiste consulté ne les rassurent pas mais un autre, en Israël, est catégorique : Moshe parlera un jour, mais quand, nul ne peut le dire, il faut être patient.

Sa mère lui accroche une pancarte autour du cou : .

Et enfin miracle il va Il parler !

Le petit Moshe dessine : c’est son seul moyen de communication !

Il prononce enfin, à 5 ans, son premier mot, kerach, , pour réclamer un cornet de glace au marchand ambulant.

Ses parents s’agenouillent pour remercier le Ciel !

Mike Brant parle enfin, c’est un miracle !

Dès lors, il n’arrête plus de gazouiller !

A 6 ans, il entre à l’école, découvre la lecture, il aide aux travaux ménagers de la maison et se prend d’une passion pour la pêche.

C’est un contemplatif qui aime s’installer à la fenêtre du domicile familial pour observer silencieusement les allées et venues des oiseaux ou des chats.

Mais il adore aussi faire le pitre devant ses copains de classe : , a depuis expliqué son frère cadet Zvi.

Vedette ou clochard !

Ses parents ont bien compris qu’ils avaient affaire à un enfant original, surtout lorsque celui-ci leur dit un jour, brutalement :

Moshe continue à égayer la table familiale, qui en a besoin, car elle est bien pauvre.

La famille est gaie, unie, harmonieuse, mais l’ombre des camps pèse malgré tout, sans que les garçons Brand en aient conscience.

Finalement, Moshe est renvoyé de l’école, malgré son intérêt pour l’histoire et la lecture.

C’est, pour lui, sans importance ; il a découvert depuis peu, à la synagogue du quartier, le chant, la musique et tout un monde merveilleux qui est désormais le sien.

A 11 ans, Moshe est le seul garçon de la chorale de son école.

Au contact de la nature

Ses parents envoient Moshe poursuivre sa scolarité et travaillé dans le kibboutz Gesher, au grand air, dans la vallée verdoyante du Jourdain.

Il retrouve la nature, cueille les abricots, les semis de blé, trait les vaches, s’occupe de la basse-cour, tout en chantant, bien sûr, à pleine voix ! Moshe adore sa nouvelle vie.

Il imite Buster Keaton, Laurel et Hardy et les grands du cinéma muet américain qu’il découvre au ciné-club. Son préféré est Charlot, Charlie Chaplin, car il parvient à l’émouvoir jusqu’aux larmes.

A ce propos, Michel Jourdan à écrit dans son livre plein de tendresse, consacré à Mike, un poème touchant : .

Moshe va suivre des cours d’art dramatique au Théâtre d’Haïfa. Il est, à la fois, l’élève le plus doué et le moins discipliné.

Venez reprendre votre clown !

Au bout de deux ans, Monsieur Fichel Brant reçoit un télégramme:

Il va chercher son fils, devenu berger, qui retrouve son ancienne école Carméli d’Haïfa et ses orangers.

ll y restera jusqu’en 1960, sans faire d’éclat.

Au bout du compte, papa Fichel place son bon à rien de fils dans un centre d’apprentissage.

Désormais, Moshe Brand va réparer les frigos ; c’est un travail sûr dans un pays où l’on a terriblement besoin de se rafraîchir.

Déjà angoissé …

Moshe reste, malgré tout, une personnalité renfermée et tendue.

Il est même bientôt opéré, malgré son jeune âge, d’un ulcère de l’estomac, c’est dire s’il est angoissé !

Cela le privera du service militaire, si important socialement en Israël.

Après son opération, il devient guide au musée de la Marine d’Haïfa.

La famille Brand déménage au 10 de la rue Sarah.

Déjà chanteur …

Il décide d’arrêter de chanter à la chorale de la synagogue.

Sa voix est si belle qu’on lui confie des airs d’opéra, ce qu’il n’aime pas vraiment.

Un soir de 1962, en rentrant chez lui, il croise dans l’escalier son frère Zvi ; celui-ci, un accordéon sous le bras, va répéter avec une bande de copains du Conservatoire de musique.

Mais le petit groupe va mal, le duo piano-accordéon n’est pas bon, il manque une guitare et une voix.

Zvi son frére cadet de deux ans accordéoniste du petit groupe les chocolates invite Moshe alors âgé de 15 ans à en devenir le chanteur-guitariste :

Mike ne se fera pas prier ……

Le jeune homme est doté d’une voix de stentor.

Tout de suite, les filles de Haïfa n’ont plus d’yeux que pour lui.

Après un an de galère, les Chocolates signent un contrat avec l’hôtel Dan Carmel de la ville.

Ils se produisent alors au Rondo, la boîte de nuit du lieu, pendant 15 mois.

Le directeur de l’établissement s’apercevant du succès de Moshé auprès de la gent féminine, conseille au groupe de mettre en avant ce jeune Apollon.

Ainsi, les Chocolates deviennent Mickaël Sela et les Chocolates.

Le groupe reprend les standards américains comme « My Prayer » des Platters, ceux d’Elvis Presley, de Tom Jones, etc., à raisons de 150 chansons par soirée.

Le public, sous le charme, ne prête guère attention à l’interprétation phonétique du chanteur.

Sa popularité devient telle que Jonathan Karmon, le Monsieur music-hall d’Israël célèbre chorégraphe et directeur de revue vient l’écouter.

Il est surpris par la voix et le charisme que dégage ce jeune chanteur encore muet dix ans auparavant.

La mort du père de Mike en 1967 constitue une première épreuve pour lui.

Il décide d’embarquer au sein du Grand Music-Hall de J. Karmon pour une tournée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud.

Cette opportunité lui permet de travailler sa voix, son jeu de scène et d’apprécier la vie d’artiste en tournée.

Il se prend alors à rêver d’une carrière solo, de devenir une sorte de rock star comme son idole Tom Jones, chanteur gallois et célèbre Adonis à la voix envoûtante.

De retour de tournée, Mike se produit pendant l’hiver 68 au Baccara Club de Téhéran où il continue d’enflammer l’assistance en enchaînant plus de 300 titres par soir dont les reprises de tubes des Beatles, de Ray Charles et de Tom Jones, évidemment.

C’est lors d’une de ses représentations que la chance se présente sous la forme d’un couple extravaguant :

Sylvie Vartan venue se produire dans le même club et Carlos, secrétaire de la chanteuse.

Epoustouflés par la prestation de Mike, ils lui proposent de se rendre à Paris.

Mike achève son contrat avec le club et débarque en juillet 1969 à Paris sans connaître un seul mot de français et maîtrisant moyennement l’anglais.

Il n’a en poche que les numéros de téléphone de Carlos et de Sylvie.

Malheureusement, les deux artistes sont en tournée et les appels de Mike restent vain.

Décidé à repartir en Israël, il rappelle une dernière fois et obtient enfin quelqu’un au bout du fil.

Dès lors, Carlos le prend en main. Il l’héberge, lui présente Eddy Barclay et une partie du show-biz.

Sa carrière française ne démarre toujours pas.

L’obstacle de la langue est une des raisons de sa difficile intégration dans le monde artistique français.

Il cachetonne au Bistingo, cabaret et haut lieu artistique où se croisent les dénicheurs de talent comme Léo Missir, patron du label Riviera chez Barclay ou Monique Le Marcis, directrice des programmes de RTL.

Rien n’y fait.

Carlos, ne sachant plus que faire pour lancer la carrière du jeune Israélien, le conseille à Jean Renard, directeur artistique de Sylvie Vartan et de Johnny Hallyday tout juste auréolé du succès de « Que je t’aime ».

Il lui fixe rendez-vous chez Jean-Claude Vannier, talentueux musicien et arrangeur de son de toutes les grosses pointures françaises du moment.

Selon la légende, Mike, en un mot, « Summertime », et un accord, les subjugue et Jean Renard décide de le signer pour cinq ans.

Pour lui faire gagner un peu d’argent avant l’enregistrement du premier titre, Renard le confie à Inno Saada qui lui organise des tours de chant au Régiskaïa Club de Meudon la forêt.

L’enregistrement commence, Renard s’entoure de Jean-Claude Vannier, J.C Charvier, Gérard Tournier son éditeur qui avance les fonds.

Après 260 séances de pre-recording, le premier 45 tours de Mike, devenu Brant, intitulé « Laisse-moi t’aimer » écrit par Jean Renard sort en février 1970.

Il se vend à plus d’un million et demi d’exemplaires et s’exporte en Allemagne et en Italie où Mike enregistre dans les deux langues.

Renard ne s’occupe pas que de la musique Il a transformé Brand par Brant, il s’occupe de son look, chemise entrouverte en satin, pattes d’ef et boots.

Toute la panoplie du latin lover afin de satisfaire la presse « ado » en pleine effervescence (c’est l’âge d’or des idoles).

S’enchaînent alors les sorties de deux nouveaux 45 tours au printemps et à l’automne 70, « Un grand bonheur » et « Mais dans la lumière » qui vaut à Mike le Grand Prix RTL International.

Ceci lui permet de passer souvent sur les ondes de la radio grâce à Monique Le Marcis qui en fait son chouchou.

Sa cote monte, ses apparitions à la télévision dans les émissions de Guy Lux, des Carpentier et consorts ajoutent à sa renommée.

Les Françaises le découvrent et tombent sous le charme du « play boy israélien » à la voix chaude.

De plus, son pygmalion ne recule devant rien.

Alors que Mike est victime d’un accident de la route, son « manager » le prend en photo sur son lit d’hôpital et vend les photos au quotidien France Soir.

Cela occasionne une publicité fantastique pour la sortie en avril 1971 de son quatrième 45 tours écrit par Franck Gérald, « Nous irons à Sligo », qui devient immédiatement un succès.

Mike apprend donc les rouages du show-biz aux côtés d’un des tout meilleurs managers de l’époque.

Malgré tout, Mike décide d’avancer progressivement dans sa carrière, préférant se produire en province plutôt qu’à Paris, ne se sentant pas encore prêt.

Il sort en juillet 1971 un nouveau 45 tours « A corps perdu » chanson sexy et « Felicita » où sa voix est une nouvelle fois mise en valeur.

Même s’il est attiré par une carrière d’acteur, il ne veut pas trop pour le moment se disperser.

C’est pour cette raison qu’il aurait refusé coup sur coup un rôle dans un film de Luchino Visconti et un autre dans l’adaptation italienne de « Hair » au cinéma.

La réussite fulgurante de ses derniers 45 tours fait de Mike Brant la nouvelle coqueluche des jeunes.

Mike, après avoir refusé, semble prêt à se produire sur une scène parisienne.

Mais ce n’est ni l’avis et ni l’envie de Renard.

Mike se passe de son avis et c’est la rupture.

Il se produit en vedette « américaine » de Dalida à l’Olympia en octobre 1971.

Jean Renard lègue alors toutes les bandes du chanteur à Gérard Tournier qui devient son producteur.

Malgré cette séparation, l’année 1971 reste une année faste pour le chanteur qui vend un million de disques et reste donc quinze jours à l’Olympia.

Sa célébrité toute fraîche active les rumeurs d’ idylles avec de jeunes chanteuses comme Dani, Nicoletta ou Dalida, et exacerbe les jalousies courantes dans le show-biz.

Gerard Tournier va servir de lien entre Renard et Charles Talar qui devient le nouveau producteur de Mike, aidé par Alain Krief pour la musique puisque Jean-Claude Vannier, solidaire de Renard, stoppe sa collaboration.

Michel Jourdan qui a travaillé pour Aznavour, Claude François, Julio Iglesias et autres, devient son parolier.

« Une fille à aimer », 45 tours sorti à la fin de l’année 71 ne marche pas tellement, ce qui lui fait dire que « les chanteurs sont comme des yoyos, ils montent et ils redescendent ».

Il faut attendre la sortie de « Qui saura » en avril 1972 pour que Mike retrouve sa place de nº1 au hit-parade.

Ce titre est une reprise de « Que sera » de José Feliciano que celui-ci avait interprété lors du Festival de San Remo de 1971 où se trouvait aussi Mike.

La vente de ce disque dépasse les 2 millions d’exemplaires.

Le chanteur accède également à la place de numéro un dans le cour de milliers de fans devant Johnny et Sylvie et fait la couverture de Podium, Mademoiselle Age Tendre et autres magazines surfant sur la vague lucrative des idoles.

Ce succès attise une fois de plus les jalousies et les critiques envers ce chanteur à midinettes qui soi-disant manque de profondeur.

Il préfère rétorquer que « les chansons engagées sont bonnes pour les chanteurs sans voix », qu’il en a assez de ces « minettes hystériques qui crient pendant qu’il chante », souhaitant être vraiment écouté.

Il s’évade alors en jouant au foot le dimanche matin à Bagatelle en compagnie d’Adamo, Macias, et autres rares amis qu’il a dans le milieu.

Car même avec les cohortes de jeunes filles qui l’attendent patiemment dans ses escaliers, Mike paraît esseulé sans réel entourage affectif, lui qui semble avoir besoin de se sentir aimé.

Cette situation le pousse à être plus critique.

On s’aperçoit alors qu’il n’est pas qu’un « piège à filles ».

Son désir de reconnaissance passe par la composition.

Il signe ainsi sa toute première en septembre 1972 sur « C’est ma prière », chanson écrite par Richard Seff.

Immédiatement, le 45 tours se retrouve nº1 au hit-parade.

Sa famille est très fière de cette première création mais elle s’inquiète un peu car Mike semble être pris en otage par son succès, lui qui enchaîne 250 galas dans la seule année 1972.

Son producteur, Charles Talar, le fait désormais circuler dans une voiture blindée.

Il l’entoure de cinq gardes du corps. Le chanteur reste cloîtré chez lui, n’ayant comme autre ouverture sur l’extérieur que son téléphone.

Ce repli semble le toucher, il confie à sa mère que « son coeur devient une horloge », qu’il n’en peut plus.

La pression médiatique lui ôte le peu de liberté qui lui reste.

Pour autant, il continue de composer sur les textes de Michel Jourdan.

Vont sortir ainsi « Que tu es belle » et « Toutes les couleurs » entre fin 72 et début 73.

Il enchaîne les tournées de promotion en Europe, au Japon, en Australie, etc. En avril 1973, il sort le 45 tours « Rien qu’une larme » qui une nouvelle fois, le consacre nº1 en France mais aussi dans beaucoup d’autres pays.

Ainsi, il en vend 120.000 exemplaires au Canada. Puis de nouveau, un succès avec la sortie de « Tout donné, tout repris » qui lui, se vend à un million d’exemplaires.

Il fait alors la rencontre de Grita, mannequin danoise et semble connaître pour la première fois de sa vie le grand amour.

Quand celle-ci lui demande de ralentir le rythme infernal des galas, il hésite mais ne s’y résout pas.

C’est sans doute la cause de la rupture entre les deux tourtereaux. Cet épisode fragilise encore un peu plus ce mal-aimé.

En 1974, Mike signe chez Polydor et change de producteur.

Désormais, c’est Simon Waintrob qui le prend en charge.

C’est un homme précédé d’une réputation sulfureuse qui s’occupe entre autres de Salvador Dali.

Mike côtoie alors un autre milieu artistique.

Lui qui aime peindre se retrouve en compagnie du génie surréaliste.

Celui-ci lui offre plusieurs lithographies lors d’un voyage chez le maître à Cadaqués avec Mick Jagger et Alice Cooper.

Selon sa mère, inquiète des nouvelles relations de son fils, il est entouré de « vautours » qui le pillent.

Pourtant, Mike continue à créer ses musiques, toujours accompagné de Michel Jourdan pour les textes.

En mai et octobre 1974, ils sortent plusieurs 45 tours : « C’est comme ça que je t’aime », « Viens ce soir », « Toi, mon enfant », toujours bien reçus par le public et par les 35.000 membres de son fan-club qui attendent impatiemment les sorties de ses disques. Mais Mike semble fragilisé.

En effet, début mai 1974, devant 4.000 personnes réunis à Boissy-Saint-Léger, il quitte la scène après quatre chansons, laissant ses fans médusés.

Puis quelques jours plus tard à Cambrai, il brise le miroir de sa loge d’un coup de poing.

La nervosité, l’anxiété ajoutées à un mauvais entourage, déboussolent Mike.

Un autre incident survient en juin 1974. Son appartement est cambriolé.

On lui vole les lithographies de Dali, des pièces d’or données par le Shah d’Iran qu’il considère comme des porte-bonheur.

Mais c’est la disparition des photos de famille et des bijoux de sa mère qui le touche.

« On m’a arraché aussi ma vie » dit-il.

Il souffre alors de dépression.

Sur les conseils de Johnny Hallyday, il s’éloigne du monde des paillettes et part séjourner à Genève afin de reprendre des forces.

Le 21 novembre 1974, il tente de se suicider en se jetant par la fenêtre de son hôtel.

Il s’en tire avec plusieurs fractures.

l semble se trouver sur le fil, ce qui confirme les dires de ses proches collaborateurs qui indiquaient, avant sa tentative, que Mike se renfermait sur lui-même.

En même temps, ses disques comme « C’est comme ça que je t’aime » se vendent par milliers.

L’état de Mike oscille entre l’envie de vivre et des périodes de forte déprime.

Il reprend le chemin des studios et sort en janvier 1975 « Qui pourra lui dire » et « Elle a gardé ses yeux d’enfants » dont les paroles sont signées Richard Seff et M. Jourdan.

Les mois suivants, Mike se plonge dans la création d’un nouvel album.

Lors de l’enregistrement, il retrouve Jean Renard et les deux hommes décident de collaborer à nouveau.

Son disque avec « Dis-lui », adaptation de « Feelings » de Loulou Gasté et Morris Albert, sort au début du mois d’avril 75.

Mike le considère comme son meilleur disque et paraît reprendre goût à la vie.

Mais cela n’est qu’une façade.

Le 25 avril 1975, Mike Brant se jette de la terrasse de l’appartement d’une amie mais cette fois-ci, la mort est au rendez vous, il meurt sur le coup.

Le monde musical est sous le choc.

Les membres de son fan-club et des milliers d’anonymes pleurent la mort de l’idole.

Le 7 mai, il est enterré à Haïfa en Israël.

Quinze jours après sa mort, « Dis-lui » se vend à plus d’un million d’exemplaires.

Trente trois ans après les faits, l’énigme de sa mort est toujours présente car son geste reste inexplicable.

De plus, son suicide est suivi en 1976 de celui de son secrétaire Alain Krief, puis de celui de Simon Waintrob, faits qui viennent jeter un certain trouble parmi les admirateurs du chanteur.

L’engouement des fans après plusieurs décennies est toujours vivace et les compilations de ses succès se vendent à une moyenne de 200.000 exemplaires par an.

Aujourd’hui, ses fans réunis au sein du « Mike Brant Star-Club », comptant environ 2000 admirateurs en Europe, organisent deux à trois soirées par an à sa mémoire en compagnie de sa famille dont son frère Zvi et les collaborateurs comme M. Jourdan.

Comme le souhaitait Mike, une chorale à son nom reprend ses chansons perpétuant ainsi ses refrains inoubliables et la mémoire du chanteur.

Pour bien comprendre la fin tragique et cruelle de Mike Brant retour sur la disparition d’un artiste irrmplaçable ….

Un bien étrange producteur

En 1974, si Mike continuer de chercher sa voie, il avait cependant changer de producteur en quittant Charles Talar pour signer avec Simon Wajntrob.

Ce producteur connaît la terre entière, possède de grands bureaux sur les Champs-Elysées, une Rolls bleue, et côtoie le monde des chevaux et de la peinture.

Mike n’est pas un homme d’affaires et il se laissera facilement impressionner par Wajntrob qu’il rencontre un soir dans le club de son amie, la chanteuse Dani.

Avec ce producteur, Mike, qui cherche à briser sa solitude et à connaître de nouveaux horizons, découvre un autre monde encore plus fou, celui des milliardaires, des yachts et des ports privés, des écuries de courses et des haras, des manoirs en Normandie et en Sologne, des jolies femmes aristocrates …

Mais comment garder les pieds sur terre dans ce milieu coupé des réalités de la vie ?

Mike a-t-il fait le bon choix ? Ses proches en doutent !

C’est comme ça que je t’aime

En 1974, il enchaîne les tubes qu’il enregistre pour Simon Wanjtrob :

« C’EST COMME ÇA QUE JE T’AIME », « SERRE LES POINGS ET BATS-TOI », « ON SE RETROUVE PAR HASARD » et, à l’automne, « QUI POURRAS TE DIRE » ?

A Noël, Mike sort un nouveau disque, son quatrième et dernier album.

Il cherche de nouveaux horizons artistiques et avertit : «Jusqu’alors, j’étais jeune, j’étais novice dans le métier et même si, souvent, j’ai eu le sentiment d’avoir raison, je me suis toujours rangé à l’avis de mon entourage.

Désormais, terminé !

Je veux être un artiste, un vrai, qui fonctionne selon les élans de son coeur.

Sachez qu’en ce sens, ma carrière est en train de prendre un tournant décisif.»

Et puis, Mike est perturbé par la guerre entre Israël et ses voisins, son frère se bat sur le front du Gola.

Il part chanter devant les soldats combattants et visiter longuement les blessés dans les hôpitaux …

Mike pleure dans les loges …

Supporte-t-il encore sa gloire et sa condition de star ?

Ce n’est pas sûr !

Son comportement devient vraiment de jour en jour de plus en plus étrange.

Le 4 mai 1974, lors d’un gala à Boissy-Saint-Léger, il s’arrête à la quatrième chanson, délaisse 4000 spectateurs médusés et se sauve dans la nuit …

Le 11, à Cambrai, il casse le miroir de sa loge à coups de poing.

Désormais, il pleure dans les loges avant d’entrer en scène …

Mike ne va pas bien et tout le monde s’en rend compte.

Pourtant Mike n’a jamais été aussi populaire.

Il avoue à cet instant à la journaliste Monique Pantel qu’il voudrait tourner un film et qu’il n’aime pas les minettes hystériques parce qu’elles crient pendant qu’il chante, sans l’écouter vraiment.

«Il avait, dans le travail, se souvient un de ses photographes attitrés, Bernard Leloup, un caractère de cochon, exigeant et méticuleux.»

Fin juillet 1974, il va se reposer à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon, puis durant l’automne en Suisse, à la montagne, à Saint-Cergues, près de Genève.

Première tentative de suicide

Le 22 novembre 1974, à bout, Mike fait une première tentative de suicide, en se jetant du cinquième étage de l’hôtel de la Paix, à Genève.

Ses chaussures à talons l’arrêtent au troisième étage.

Dalida et Charles Aznavour viennent discrètement le visiter à l’hôpital et soutenir son moral chancelant.

Auprès de ses amis, il s’excuse de son geste, qui l’a dépassé : il n’est pas doué, dit-il, pour le bonheur.

«J’aime la vie, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça !»

Finalement, Mike Brant s’en sort bien, il en est quitte pour un traumatisme crânien (encore un !) des fractures des deux jambes, dont une ouverte, de la gauche, qui perdra dans l’épisode deux ou trois centimètres.

Bientôt, à sa grande fierté, il arrive à marcher sans béquilles, mais en serrant les dents…

Ses proches s’inquiètent …

Sa mère et son frère ainsi que sa fiancée Lena arrivent à son chevet.

Zvi, son frère, prend conseil auprès d’un professeur de Jérusalem qui lui dit : «Votre frère doit venir se faire soigner ici, chez lui.

Car même s’il a affaire, en Suisse, aux plus grands psychiatres, aucun d’eux ne pourra comprendre ses souffrances …

Ce sont celles d’un enfant né de parents ayant survécu à l’Holocauste.»

Mais Mike ne veut pas rentrer au pays et sa famille ne peut l’obliger à le faire.

Désormais, Mike devient instable et oscillera en plus entre euphorie et mélancolie.

Ses colères sont terribles, ses crises d’abattement également.

«Entre la première et la deuxième tentative de suicide, je sentais bien que Mike allait mal, peut-être parce qu’il était devenu trop lucide et ce, même s’il disait qu’il ne recommencerait plus», précise Michel Jourdan.

Une dernière chanson

Le 2 février, dans sa petite chambre de l’hôpital de Genève, il fête, dans la bonne humeur, son vingt-huitième anniversaire, avec sa mère, ses deux infirmières et son chirurgien.

Celui-ci annonce pourtant une cinquième opération de la jambe gauche, partiellement atrophiée.

Mike et ses paroliers travaillent intensément la phonétique des textes de ses chansons, afin de mieux servir sa voix bouleversante.

Et il continue à être le plus gentil des chanteurs, qui n’hésite pas à se déguiser en Père Noël pour ses fans.

À Toulouse, Mike conseille utilement une maman désespérée par sa petite fille muette :

«Laissez une lampe allumée près de son lit.»

Il confie : «Un jour, j’aurai un enfant et ce sera une renaissance …»

Mais il n’aura pas le temps de tout dire …

Au printemps, Mike Brant enregistre, à Toulouse, l’adaptation du célèbre tube de Morris Albert, FEELINGS, sous le titre DIS-LUI. «Mike était très occupé, donc je n’avais jamais l’occasion de lui parler des chansons avant qu’il les enregistre.

Et sans connaître la chanson, il l’interprétait avec une émotion extraordinaire !

Il avait un instinct du phrasé, de la respiration.

C’était un immense interprète…» dira Michel Jourdan.

A l’écoute de DIS-LUI, Mike est satisfait et il confie à son complice, Michel Jourdan, qui en a écrit les paroles : «Nous irons à l’Olympia avec cette chanson.»

Quelques jours plus tard, il vient d’arrêter le traitement qu’il suivait et qui le faisait grossir, Mike doit faire sa rentrée à la télévision chez Guy Lux et à la radio à RTL et, doit même visiter un appartement avec Lena, sa fiancée, le vendredi 25 avril …

Une mort mystérieuse

Ce vendredi-là pourtant, après avoir écouté le premier mixage de DIS-LUI, Mike Brant se jette du sixième étage d’un immeuble parisien …

Quand la nouvelle tombe, des milliers de jeunes pleurent la mort de leur idole.

Sur toute les lèvres et dans tous les regards les mêmes questions :

«Pourquoi un homme aussi jeune, aussi beau et aussi doué s’est-il suicidé ?»,

«Que pouvait-on faire pour l’en empêcher ?» …

Pendant la cérémonie religieuse, à la synagogue du 44 rue des Victoires, à Paris, il y a un monde fou.

Le chagrin qui remplit le coeur des personnes présentes est insoutenable.

Le temps s’est arrêté … à jamais.

Des morts en série

Moshe Brand, dit Mike Brant, qui rêvait de créer une chorale d’enfants de toutes les couleurs et de tous les pays, a été inhumé le 7 mai 1975 au cimetière du camp David d’Haïfa.

Au-dessus de sa tombe, un arbre coupé pour symboliser une vie brisée.

En 1983, sa mère meurt d’un second infarctus, en fait, de chagrin.

Mais ce n’est pas tout : son secrétaire Alain Krief ainsi que son dernier producteur Simon Wajntrob mourront bientôt de mort violente, sans que la police ait jamais pu déterminer s’il s’agissait de suicide ou de meurtre !

Que se passe-t-il dans l’entourage de Mike Brant ?

La presse populaire parlera peu de ces affaires «pas normales» mais s’étendra longuement sur le portrait astrologique de Mike Brant, qui révèle un être assoiffé d’amour …

Aujourd’hui, son fan-club entretient soigneusement sa mémoire.

Et tous les enfants qui entendaient leurs parents se passer ses disques (dont TOI MON ENFANT de 1973…) prennent le relais et deviennent à leur tour des porteurs de la flamme de l’idole disparue mais toujours si présente.

Qui saura vraiment ?

Toutes les hypothèses sont ouvertes.

Une grosse dépression ?

Une saturation psychologique liée à son métier, mais également à son enfance ou à son entourage ?

Dans son numéro de septembre 1995 de VSD, le chanteur Dave parlait de révélations qui lui avaient été faites par le dernier producteur de Mike, Simon Wajntrob, mettant en cause certaines personnes de l’entourage du chanteur qui l’auraient poussé psychologiquement à son geste fatal …

Mike Brant s’est-il suicidé ou a-t-il été la cible d’une organisation qui a méticuleusement étouffé l’affaire ?

Saura-t-on jamais ?

L’ancien réalisateur en chef de Salut les Copains, Eric Vincent, dira après coup : «Mike Brant était fragile pour exercer un métier public»

Son parolier Michel Jourdan, qui le connaissait si bien, écrira pour sa part, dans le livre Il n’a pas eu le temps : «A cause de l’Holocauste subi par leurs parents, les enfants de déportés restent marqués à vie. Ils héritent, plus ou moins, d’une sorte de brouillard au fond des yeux et de bleus à l’âme à jamais indélébiles…»

Voilà peut-être l’explication du mystère Mike Brant.

Non classé.
 
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