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J’ai traverse l’ocean
J’ai tout laisse la bas ma vie mon passe
Dans ma valise, j’ai charge ma music
et me voici devant mon ecran
Je n’ai pas appris la vie à l’ecole
Mais je connais l’école de la vie
pour te donne mon avis

Aviberg

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quand j’ai envie de pleurer parce qu’il y a les autres et que je ne veux pas leur faire porter le poids de mes blessures ; c’est donner quand je manque parce que c’est là que je suis le plus riche et le plus proche des pauvres ; c’est aimer quand je souffre de solitude ; c’est construire sans cesse la paix et la communion autour de moi quand tout le monde tire je donne c’est donner la vie sans cesse, chaque jour à ceux que je rencontre ; c’est rire et sourire, c’est regarder l’autre comme une personne unique

AVIBERG

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C’était un très très beau garçon

C’était un très très beau garçon. Il avait les yeux bleus, les cheveux naturellement ondulés, il mesurait 1,87m et il portait superbement bien sa veste cintrée, ses chemises à jabot et ses pantalons à pattes d’éléphant. Il avait tout pour plaire mais il avait surtout une voix, une voix d’exception…un cadeau. qui a propulsé Mike Brant

dans cette région peu fréquentée et dangereuse de la gloire immédiate. Celle qui peut dévaster tout homme ou toute femme que rien n’a préparé à une telle épreuve : Les ragots de la presse à ragots, la jalousie de ceux qui refusent l’inconnu, la folie hystérique des fans… Les années 70 ! Ajoutez à cela la nature fragile d’un garçon dont la disparition brutale, suicide par défénestration, recèle un mystère et vous avez tous les ingrédients nécessaires pour nourrir un mythe et entretenir autour de Mike Brant et de ses tubes qui ne vieillissent guère de quoi fabriquer une légende.

Mike Brant, c’est un chanteur à voix, un chanteur de charme. Les américains appellent ça un « crooner ». Il peut chanter sur dix-sept notes, monter haut dans les aigus tout en donnant une impression de grande facilité. Sa voix est exceptionnelle. C’est un don. C’est une voix chaude, claire à la fois, un timbre unique, qui permet de tout chanter aussi bien le répertoire de Frank Sinatra que celui de Tom Jones, celui des Platters comme celui d’Elvis Presley.

Mais ce qui va séduire surtout les femmes c’est son visage d’ange doublé d’un physique de séducteur. Mais il ne faut pas croire qu’il ne s’agit là que d’un fantasme de midinette : du regard de Mike émane une certaine tristesse, une sorte de mélancolie qui peut toucher la fibre maternelle d’un public, bref, cristalliser de nombreux désirs.

Au cours de l’été 1974, alors qu’il est au sommet de sa gloire et de sa popularité, quand les jeunes femmes l’abordent dans la rue Mike Brant répond « vous vous trompez, je ne suis pas Mike Brant, je travaille dans une banque » ! Si il se dissimule ainsi c’est qu’il est entré dans une phase de grand malaise : les concerts et l’enregistrement d’un quatrième album l’ont épuisé. Les fans qui le harcèlent lui font peur. Il vit d’ailleurs les volets fermés, craignant qu’on l’observe, sortant rarement de chez lui et jamais seul.

Une vérification, ce que l’on appelle un check up médical, dans une clinique Suisse révèle les signes d’une profonde dépression. Le 22 novembre 1974 Mike Brant se jette par la fenêtre du cinquième étage de la chambre d’hôtel de son producteur Simon Wajntrob, Hôtel de la Paix à Genève. Un balcon avancé à hauteur du troisième étage interrompra une chute qui aurait sinon été fatale. Il souffre d’un traumatisme crânien, de fractures aux jambes. La jambe gauche déchirée par une fracture ouverte va nécessiter cinq opérations successives.

Le sourire de Mike Brant ne peut désormais plus dissimuler une vraie fragilité. Elle prend peut-être sa source dans une histoire qui a commencé avant sa naissance, avant la naissance du petit Moshé Mickaël Brand, le futur Mike Brant. En effet, sa mère Bronia Rosenberg est âgé de 23 ans quand elle sort du camp de concentration et d’extermination d’Auchwitz. Au centre d’accueil des déportés cette femme va rencontrer Fichel Brand, Polonais de 20 ans son aîné. Et entre ces deux êtres qui ont tout perdu il y aura ce que l’on appelle un coup de foudre. Ensemble ils voudront reconstruire, construire une famille. Mais reconstruire ne veut pas signifier que l’on efface le passé. Zvi Brand, le frère cadet de Mike Brant raconte : « A la maison il y avait toujours dans l’air une atmosphère d’Holocauste. Notre mère ne parlait jamais de l’Holocauste. Elle ne nous en a jamais rien dit. Mais nous le sentions toujours dans l’air. En grandissant nous sommes devenus très sensibles comme tous les enfants de la génération après l’Holocauste ». A ce sujet, on peut entendre Catherine Grandcard, psychothérapeute clinicienne nous dire dans « Légende », l’émission de Philippe Labro : « Si il y a une chose qui caractérise peut-être cette génération, c’est souvent le sentiment d’être radicalement unique, c’est-à-dire de ne ressembler à personne, de n’avoir aucun semblable. Et ce sentiment là peut être la source d’une grande force et originalité permettant d’aller très loin dans la créativité, dans la réussite sociale et professionnelle mais cela peut aussi avoir une autre face, c’est-à-dire le vertige d’être absolument seul au monde et sans personne qui vous ressemble ».

Comme de nombreux autres juifs de l’époque le jeune couple décide d’aller tenter sa chance en terre d’Israël. Ils vivent l’Exode : un bateau prévu pour 40 passagers sur lequel ils s’entassent à 200 est repoussé par les Anglais vers l’île de Chypre. C’est là que Bronia, enceinte du petit Moshe, vit une grossesse dans des conditions d’hygiène désastreuse et dans l’angoisse de son avenir. C’est donc à Chypre, dans un camp de réfugiés à Nicosie que Moshe verra le jour dans la nuit du 1er au 2 février 1947. En novembre de la même année l’O.N.U va voter le principe de naissance de l’Etat d’Israël.

Israël donc, Haïfa, où la famille Brand s’installe et où va y grandir le petit Moshe. Il ne marche qu’à un ans et demi, mais c’est un retard presque anodin car ses parents ont un autre sujet d’inquiétude : leur enfant ne parle pas. Les spécialistes vont diagnostiquer ce que l’on appelle une aphasie d’origine psychologique, donc il n’existe aucun traitement. Il parlera un jour mais nul ne peut dire quand ! Son frère raconte : « Tous les jours un marchand passait avec un cheval et une carriole et il criait « Kerah ! Kerah ! » ce qui veut dire « glace ! glace ! ». Mon père descendait, il achetait un demi pain de glace et il le mettait dans le réfrigérateur… Les premiers mots de Mike ont été «Kerah ! Kerah ! Ima Kerah ! » Ce qui veut dire « Maman ! glace ! » De ce jour, il s’est mit à parler couramment. »

Mike à 4 ans, il commence à parler vite, un peu comme si il voulait rattraper le temps perdu. Il devient bavard, chante toute la journée… Quand il se fait renvoyer de l’école pour indiscipline et que son père lui demande ce qu’il compte devenir dans la vie, Moshe répond « Je serais vedette ou clochard ! ».

Mais à la chorale de son école sa voix séduit déjà tout le monde. Sous le pseudonyme américanisé de Mikaël Cella, Moshe Brand va commencer à chanter dans les grands hôtels du Pays. Il dira plus tard « A cette époque je n’avais pas de soucis, je gagnais bien ma vie et j’avais le temps de vivre ». Mais ce n’est qu’un début, le jeune homme rêve : il souhaite faire une carrière internationale, aller en Amérique, chanter à Las Vegas en smoking blanc…

Le smoking blanc, c’est toutes les années 70. Mais derrière cette phrase « je serais vedette ou clochard », il y a la détermination d’un garçon de vouloir sortir de sa condition sociale, d’assurer une vieillesse confortable à ses parents. De faire carrière bien sûr mais surtout d’épater son père.

Mais en avril 1967 alors qu’il chante à l’hôtel Hilton à Tel Aviv, il est appelé d’urgence au chevet de son père mais quand il arrive à Haïfa, Fishel le papa est mort. Mike va demeurer prostré. Il se sent coupable de ne pas être arrivé à temps, se demande pourquoi continuer à chanter si le père n’est plus là pour l’encourager et pour lui dire qu’il est fier de lui. Ses proches vont le persuader de remonter sur scène. Désormais, la première chanson de chaque concert qu’il fera, il l’interprétera pour son père.

Après une longue tournée aux Etats-Unis, en Afrique et même en Australie avec le groupe folklorique Lakat Karmon Mike Brant reprend en solo la tournée des grands hôtels. Et un soir, en mai 1969, à Téhéran, dans la salle du Baccara, cabaret de l’hôtel Hilton, Sylvie Vartan, vedette de la chanson française est à là en tournée avec son secrétaire Carlos. Tous deux sont immédiatement séduits par le chanteur de l’orchestre : la voix, le physique, le répertoire, le charisme, l’humour aussi, puisqu’il termine son répertoire par une grimaçante imitation de Jerry Lewis, arrêtent leur regard…

Trois mois après cette rencontre à Téhéran Mike débarque à Paris. Il ne parle pas un mot de français, à peine un peu d’anglais. Il va vite chanter sur la scène du Bistingo, un bistrot Rive Gauche dont Carlos est l’un des animateurs, et il y fait un succès. On lui prend alors rendez-vous avec un compositeur, Jean Renard qui, ému, se souvient : « Nous étions précisément en Studio avec Sylvie Vartan alors je me suis mis au piano et sans rien me dire Mike a attaqué « Summertime » et là je me suis dit, aïe aïe aïe, si il chante comme ça c’est donc qu’il sait tout faire… J’ai bien senti que c’était un génie, un monstre ! Je me suis dis qu’est-ce qu’il peut bien chanter cet animal ? On va lui faire un truc tout simple, y’a qu’à parler d’amour et tout de suite est venu « Laisse-moi t’aimer ». Pas terrible, mais je me suis dis qu’avec sa voix ça allait peut-être le faire. Ca allait peut-être être formidable quoi… ». Si bien qu’une semaine après leur rencontre il va faire entrer Mike Brant en Studio. Ce sera assez laborieux car c’est la première séance d’enregistrement de disque de Mike. Il y a la barrière de la langue puisqu’il ne la comprend pas. Il ne lit pas l’alphabet. Donc il réécrit en hébreux et en phonétique le texte de la chanson pour pouvoir la chanter. Cela va prendre deux mois pour enregistrer un titre, mais de tels efforts seront récompensés puisque ce premier titre c’est tout simplement « Laisse-moi t’aimer » !

Si la chanson ne fait pas forcément l’unanimité, les choses vont quand même aller très vite car Mike fait une rencontre déterminante. Il existe au sein de la direction des variétés de RTL une jeune assistante, Monique le Marci, qui croit tout de suite, à peine l’a-t-elle entendu, au talent et à la carrière de Mike Brant. Elle va imposer « Laisse-moi t’aimer » sur l’antenne. Le titre devint ce que l’on appelle un tube, le disque est mis en vente en février 1970. Il se vend à plus d’un million d’exemplaires. A 23 ans, celui qui était hier un parfait inconnu est passé directement au statut de vedette, comme on dit, vedette de la chanson française avec un public fidèle et des fans qui vont faire de lui un recordman des ventes. En octobre de la même année, Mike Brant remporte le Grand Prix RTL International avec une autre chanson « Mais dans la lumière ».

Pas un numéro de Salut les copains, Podium, Stéphanie n’est publié sans que l’on propose en page centrale un poster du jeune homme ou qu’on ne se fasse l’écho d’une histoire sentimentale totalement inventée. L’entourage professionnel de l’artiste est d’ailleurs complice de ce genre de phénomène : ce qui compte, c’est que l’on parle de lui. Ainsi, victime d’un grave accident de voiture en 1971 on va lui rajouter des bandages sur sa tête avant de laisser entrer les photographes dans sa chambre, donnant l’impression qu’il se trouvait à l’article de la mort alors que quelques secondes auparavant il éclatait de rire avec son producteur !

Dans le petit univers du disque, le métier du disque, le disque business, le succès de Mike Brant attise les jalousies : on le dit prétentieux alors qu’il est timide ; on le dit arrogant alors qu’en fait il est très complexé puisqu’il parle mal le français. Il le lit encore moins bien mais suffisamment pourtant pour être blessé par les propos de ceux qui le prennent pour un imbécile, ou par les blagues faciles de l’humoriste qui dit « drame chez Mike Brant, sa bibliothèque a brûlé, il a perdu ses albums à colorier » !

A 24 ans, hier il était un parfait inconnu, aujourd’hui il côtoie au Hit Parade Claude François, Johnny Hallyday, Joe Dassin… Entre-temps, il rencontre Dalida qui l’impressionne beaucoup. Elle deviendra son amie. Elle lui propose de passer en « vedette anglaise » dans son prochain spectacle à l’Olympia de Paris. Jean Renard, devenu non seulement son producteur mais également son ami, trouve que c’est trop tôt et que Mike n’est pas encore prêt, mais Mike ne veut rien entendre. Et d’ailleurs cette décision sera à l’origine de leur rupture professionnelle mais elle lui vaudra aussi des critiques très violentes de la part de la Presse qui dira de lui qu’il chante « de la soupe » ( !!) Certains le traiteront même de « hors-d’œuvre avarié »…

Avec son sourire ravageur, il plait aux femmes, accumule les liaisons, mais aucune des femmes qui passent dans sa vie que ce soir pour un soir ou quelques mois ne supportera la promiscuité des admiratrices, mais surtout l’emploi du temps démentiel du chanteur. Il va donner une moyenne de 250 représentations par ans et le service d’ordre qui veille à sa sécurité lors de ses concerts est digne de celui d’un chef d’Etat en déplacement. De nombreuses consignes sont instaurées : à dix mètres de la scène, double rangées de barrières métalliques ; une voiture de modèle différent à chaque gala doit attendre moteur allumé à la sortie de la scène, si bien que Mike Brant est déjà très loin quand le public réclame des appels. Il faut dire que l’hystérie de certaines de ses fans était démesurée et certaines n’hésitaient pas à lui venir dessus avec des ciseaux dans le but de lui voler une mèche de ses cheveux. Le drame de Mike était qu’il voulait être reconnu en tant qu’artiste alors qu’on le considérait plus comme une idole. Quel homme aussi éloigné de sa terre natale, aussi offert en pâture, aux ragots des humoristes professionnels, pourrait tenir aussi longtemps sous une telle pression ?

…Tout paraissait lui sourire mais le doute s’est installé : pourra t-il renouveler ses succès à chacun de ses disques ? Mais surtout, et en dehors de tout, il a peur pour son physique : il a peur de grossir, il a une peur panique de perdre ses cheveux. On raconte même qu’il comptait le matin sur son oreiller les cheveux qu’il avait perdus pendant la nuit. On n’est pas loin du comportement mono maniaque. Ce qui fait que son succès auprès des femmes, les fans qui couchent devant sa porte l’obligeant à déménager, au lieu de conforter son narcissisme, au lieu de conforter son ego, augmentent cette peur irraisonnée. Il avait désiré l’adulation du public. Voici maintenant que ce phénomène l’effraie.

En septembre 1972, à Munich, onze athlètes Israéliens qui participaient aux Jeux Olympiques sont abattus par un commando de terroristes Palestiniens. Les agressions anti-israéliens n’ont plus pour seules cibles les militants et les hommes politiques. Et si l’on s’en prend aux athlètes alors on pourrait s’en prendre aux artistes. Pour Mike, l’angoisse des attentats pourrait déclencher alors un sentiment de paranoïa. Si Mike Brant se croit menacé c’est parce qu’il se sent profondément israélien et quand la guerre du Kippour éclate en octobre 1976, il voudra démontrer son attachement à son pays. Mike Brant interrompt sa tournée au Canada. Il avait été réformé du Service Militaire à cause d’un ulcère à l’estomac qu’on avait opéré lorsqu’il avait quinze ans. Il ne peut donc se battre comme son frère pour son Pays. Son frère Zvi dira que cette guerre aura profondément changé la personnalité de Mike. Lors d’une visite qu’il fera à son frère engagé dans cette guerre, il apportera des disques pour les soldats, visitera les hôpitaux, donnera des concerts… Mais une partie de la presse israélienne dénoncera ce geste comme un coup de publicité ( !!) . Or, ce déplacement est dicté par des convictions personnelles, d’ailleurs Mike Brant a interdit à son entourage d’avertir les journalistes de sa visite. Il est vrai que depuis qu’il s’est installé en France il est stigmatisé par la presse du pays qui lui reproche de les avoir abandonné.

« C’est ma prière », première composition de Mike Brant, succès instantané ! Le titre fait un peu penser à celui du tube des Platters « My prayer ». C’était surtout le premier 45 tours que sa maman avait offert au petit Mike. Et alors, à partir de là, il va composer ses chansons et adoptera une méthode assez intéressante puisqu’il n’a jamais apprit à écrire la musique. En fait, il trouve les mélodies et tout en se les fredonnant il place les voyelles, si bien qu’ensuite son parolier, Michel Jourdan, n’a plus qu’à créer, trouver, inventer les mots qui entreront le mieux en consonance avec ces voyelles. De cette étroite collaboration vont naître les plus grands tubes de Mike Brant : « C’est comme ça que je t’aime », « Rien qu’une larme »…

Tournées, galas, enregistrements, le rythme incessant, le harcèlement des fans, c’est le lot de tous les chanteurs pop de l’époque. Et, pendant la seule année 1973, il va chanter dans deux cents villes de gala en gala parcourant 80 000 kilomètres… Malgré ses succès, malgré les millions de disques vendus, Mike Brant s’enfonce dans une dépression qu’il ne veut sans doute pas encore reconnaître. Le 4 mai 1974, à un concert à Boissy-Saint-Léger, il craque ! Il perd le contrôle de soi pour la première fois : c’est au bout de la quatrième chanson qu’il va sortir de scène et s’enfuir dans sa voiture, terrifié, ne se calmant qu’une fois cloîtré dans son appartement. Quelques jours plus tard seulement, à un autre concert, il s’enferme dans sa loge et brise du poing le miroir qui lui renvoi un reflet qu’il ne reconnaît pas. Il va dire : « Je ne veux plus être Mike Brant ! » Voilà donc un homme à la recherche de son identité, à la recherche d’un équilibre. Dans ces cas là, qu’est-ce qu’on fait ? Que va faire un chanteur professionnel ? Si il ne peut pas se changer lui alors il va changer les gens qui l’entourent.

Dès leur première rencontre Mike Brant semble fasciné par Simon Wajntrob, homme d’affaires aux fréquentations douteuses qui se présente comme vendeur exclusif des œuvres du peintre Salvadore Dali. Propriétaire de chevaux, il roule en Rolls-Royce et surtout, il parle l’Hébreux. Simon Wajntrob va devenir le producteur de Mike Brant… Mais à l’heure des premiers comptes le chanteur s’apercevra très vite que ses revenus ne correspondent pas à ses espérances ni aux promesses faites par le producteur. Une subtilité du contrat le liant à son producteur lui aurait-elle échappée ou a-t-il tout simplement été escroqué ? Mike Brant se sent spolié, trahi, il a besoin d’une pause et refuse donc de faire une tournée pour l’été 1974.

…« Etat mélancoliforme sous dépendance suicidaire chronique », tek est le diagnostic des médecins au lendemain de sa tentative de suicide le 22 novembre 1974 à Genève. A ses amis venus à son chevet, à sa mère accourue d’Israël, Mike Brant ne veut pas dire un seul mot de ce qui s’est véritablement passé ce matin là dans la chambre de son producteur Simon Wajntrob au cinquième étage avant qu’il ne saute. Les anti-dépresseurs, les calmants et les stimulants devraient l’aider à sortir de sa dépression. Mike Brant est aussi réconforté par les conversations qu’il a avec l’aumônier de l’hôpital et par la lecture d’une Bible hébraïque qu’il tient à portée de mains.

En février 1975, juste après y avoir fêté ses vingt-huit ans, Mike Brant quitte l’hôpital. Il ne veut pas rentrer à Paris ne se sentant pas encore prêt, mais c’est une chanson qui le fera sortir de sa retraite, « feelings ». Au mois d’avril 1975, Mike Brant écoute l’adaptation qu’il vient d’enregistrer. Il est satisfait du résultat et se dit que ce coup ci il pourra peut-être faire l’Olympia. Michel Jourdan, son parolier, témoigne : « Quand il me parlait un peu de ses rêves, Mike Brant me disait « la prochaine fois que je ferais l’Olympia ça sera tout seul, ça sera en vedette… En première partie, je serais en noir et tout l’orchestre sera en blanc et tout le contraire après l’entracte !…Il voyait ça comme un show style Las Vegas et quand il me parlait de ses goût musicaux, on peut dire qu’ils étaient bien loin de son répertoire. C’est la raison pour laquelle lorsqu’il a eu l’occasion de chanter « Feeling » qui rentrait justement dans un répertoire plus « classieux » par rapport à ce qu’il avait chanté jusque alors, et bien là, c’est la toute première fois que je l’ai vu fier de ce qu’il avait fait ».

Monique le Marci témoigne également : « Le soir où je suis allée au Studio 92 écouter « Dis-lui », alors là, il était redevenu lui-même… Et rien, rien, rien n’aurait pu laisser présager, imaginer ce qui allait arriver le lendemain… ».

Mais comment prévoir ? Dans les couloirs du studio d’enregistrement Mike Brant y croise Jean Renard. Les deux hommes ne se sont pas revus depuis l’embrouille ne novembre 1971 et à lui aussi Mike Brant va laisser l’impression d’un homme pour qui tout recommence. Mike lui propose même de refaire une chanson ensemble, ce qu’il accepte et ils se donnent alors rendez-vous le lundi suivant à 14h30 au 67 rue de Provence situé derrière les Galeries Lafayette.

Mike Brant s’est-il enfin débarrassé de ses démons ? Contre l’avis des médecins, malgré les craintes de son entourage il décide d’arrêter son traitement médicamenteux… Si l’on peut à peu près reconstituer les dernières heures de la vie de ce chanteur en proie à tous les désarrois, on peut dire qu’il aurait, vers vingt heures, rejoint l’appartement d’une amie, rue Erlanger dans le seizième arrondissement, pour y passer la nuit. Quand elle est rentrée chez elle, elle l’aurait trouvé préoccupé et d’humeur maussade. Il se serait couché tard. Mais à plusieurs reprises, au cours d’une nuit où il ne trouvait pas le sommeil, il se serait levé pour composer un numéro de téléphone…A qui ? On ne saura jamais. Téléphone qui ne répond pas… Ce qui est sûr en revanche, c’est que le matin du vendredi 25 avril 1975, vers 11 heures, Mike Brant se jette par la fenêtre du sixième étage. Le treillage en bambou fixé à la rambarde du balcon a rompu sous le poids de son corps. L’appartement du sixième étage est légèrement en retrait de la façade et à l’étage en dessous le balcon aurait pu ou dû arrêter la chute. Il est mort sur le coup. Mike Brant avait 28 ans.

Le 7 mai 1975 Mike Brant est enterré au cimetière d’Haïfa en Israël. Dans l’émission de Philippe Labro, on peut voir Zvi, le frère, très ému fait la remarque suivante : « Il repose dans un endroit très calme. En face du cimetière il y a la plage où il allait nager. Elle s’appelle Carmel Beach… et maintenant, il est face à cette plage… J’espère qu’il est en paix, là où il est aujourd’hui ».

Michel Jourdan témoigne à propos de l’enterrement de Mike Brant : «Je suis allé à Haïfa. Et dans cet avion qui nous y conduisait, alors que dans l’entourage de Mike Brant, tous lui disaient « Mike, tu es mon ami », « Mike, tu es mon frère », « Mike par-ci », «Mike par-là »… et bien dans cet avion il y avait Simon Wajntrob, sa femme, Alain Krief et moi… On était quatre ! Ca aussi c’est assez significatif de notre beau métier » !

Et Jean Renard de conclure : « Je ne pouvais pas admettre son suicide, c’est pas possible. Alors est-ce que j’ai raison ou est-ce que j’ai tort ? Mais je crois que c’est ce qui doit faire partie de la légende. Et si il y en a qu’un qui dit qu’on l’a tué, c’est moi ! Alors d’accord, Jean Renard se trompe ? Bon, c’est beau la légende, non ? ».

Vingt-huit ans, une voix en or, tout pour réussir… Tout pour s’exploser oui ! Quel cliché, quelle banalité. Pourtant, cela n’est jamais banal une telle souffrance, un tel non-sens. Polémiques, spéculations, fables ont évidemment surgies tout de suite parmi les fans mais aussi parmi la presse qui alimentait les fans de sa gloire. Alors, on a tout avancé ; tout, et son contraire : Il se serait tué pour l’amour d’une femme, ou bien sous l’empire d’une drogue. Ou bien il aurait été poussé, ce qui veut dire qu’il aurait été assassiné ! Un mari jaloux, services secrets, trafic d’arts… Ce qui demeure, la seule vérité, c’est cet itinéraire d’un enfant doué pour chanter et sans doute pas pour vivre. Après tout, chanter et vivre cela ne se conjugue pas aussi facilement que ça.

Il a régné, nous ont dit ses proches, une atmosphère empoisonnée autour de lui : il gagnait, et surtout faisait gagner tellement d’argent à tellement de gens ! Et la mort a poursuivi son travail après sa disparition : Simon Wajntrob son producteur et Alain Krief son secrétaire ont disparu… Morts violentes, mais on a conclu a deux suicides… Cela fait beaucoup de suicides autour du même nom !

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tes messages

Dans tes messages tu chante
Des histoires
Dans tes messages tu pleures
Des message qui font rire.
Dans ta vie tu raconte
Des histoires où l’on pleure.
Dans tes chanssons
tu chante pour grandir.
dans ta music ya
des sons de magie.
et de toutes tes chanssons
une melodie de la vie.

Aviberg

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