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De son vrai nom Moshe Brand, Mike Brant est né le 2 février 1947, à Nicosie, dans l’île de Chypre, en pleine Méditerranée.

Sa mère est une Polonaise brune du nom de Bronia Rosenberg.

C’est l’une des rares rescapées du camp d’Auschwitz, de triste mémoire, où toute sa famille a été exterminée par les nazis allemands.

Un miracle de l’amour

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, sa mère, Bronia, peut à peine tenir debout.

En 1945, quatre jours après la libération du camp par l’armée russe, elle arrive au centre d’accueil des déportés de Poking, perdu dans la campagne polonaise.

Un miracle se produit. Fichel Brand, un Russe d’une quarantaine d’années, ancien résistant du maquis, l’aide, un soir de distribution de soupe, à se relever.

Elle a 23 ans, elle lui sourit, Cupidon frappe très fort, et voilà ces deux miraculés de l’enfer amoureux l’un de l’autre !

Bientôt, Bronia est tellement heureuse qu’elle se remet à chanter.

C’est l’amour fou …

Il s’appellera Moshe Mikaêl Brand

Une semaine avant la fête des amoureux, en 1945, Bronia et Fichel Brand partent pour la France et le soleil de Marseille.

De là, ils embarquent pour la Palestine dans l’un des .

Le navire, prévu pour 40 passagers, contient 200 personnes qui rêvent toutes de la Terre promise.

Les Anglais, on le sait depuis le superbe film Exodus, empêchent alors tout débarquement en Terre promise.

Les deux amoureux se retrouvent dans un centre d’accueil de l’île de Chypre, entre Nicosie et Limassol.

C’est là, à l’hôpital de fortune du camp, que naît, le premier février 1947, un beau bébé de 4 kilos et demi, aux cheveux noirs et aux yeux bleus.

Il s’appellera Moshe Mikaêl Brand.

L’enfant des kibboutz

La petite famille Brand débarque finalement, fin septembre 1947, à Haïfa, en Israël.

De là, un vieux bus les emmène par une route poussiéreuse dans l’une de ces communautés agricoles d’une terre palestinienne qui n’est pas encore le nouvel Etat d’Israël, le kibboutz Gvat, en Galilée.

Fichel et Bronia y élèvent des poulets et travaillent la terre.

Ce n’est pas très facile pour eux, mais le petit Moshe peut au moins gambader, se gaver de fruits et d’oeufs et découvrir la nature.

Au bout d’un an et demi, ils retournent à Haïfa et s’installent au 9, rue Kibboutz-Galouiot.

Fichel travaille cette fois à la mairie du port.

Un enfant muet !

Les cheveux de Moshe s’éclaircissent, le bébé est timide, mais attachant. Un petit frère, Zvi, vient rejoindre la famille.

Tout pourrait aller bien pour les Brand, malgré des conditions matérielles précaires.

Le petit Moshe est un enfant vif et joueur, mais il ne marche qu’à l’âge de 19 mois et, drame, il ne se décide pas à parler.

l sait rire à l’occasion, un point, c’est tout !

C’est un enfant muet !

Les parents Brand emploient les grands moyens.

Ils vendent une partie de leur mobilier et font le voyage jusqu’aux Etats-Unis.

Le spécialiste consulté ne les rassurent pas mais un autre, en Israël, est catégorique : Moshe parlera un jour, mais quand, nul ne peut le dire, il faut être patient.

Sa mère lui accroche une pancarte autour du cou : .

Et enfin miracle il va Il parler !

Le petit Moshe dessine : c’est son seul moyen de communication !

Il prononce enfin, à 5 ans, son premier mot, kerach, , pour réclamer un cornet de glace au marchand ambulant.

Ses parents s’agenouillent pour remercier le Ciel !

Mike Brant parle enfin, c’est un miracle !

Dès lors, il n’arrête plus de gazouiller !

A 6 ans, il entre à l’école, découvre la lecture, il aide aux travaux ménagers de la maison et se prend d’une passion pour la pêche.

C’est un contemplatif qui aime s’installer à la fenêtre du domicile familial pour observer silencieusement les allées et venues des oiseaux ou des chats.

Mais il adore aussi faire le pitre devant ses copains de classe : , a depuis expliqué son frère cadet Zvi.

Vedette ou clochard !

Ses parents ont bien compris qu’ils avaient affaire à un enfant original, surtout lorsque celui-ci leur dit un jour, brutalement :

Moshe continue à égayer la table familiale, qui en a besoin, car elle est bien pauvre.

La famille est gaie, unie, harmonieuse, mais l’ombre des camps pèse malgré tout, sans que les garçons Brand en aient conscience.

Finalement, Moshe est renvoyé de l’école, malgré son intérêt pour l’histoire et la lecture.

C’est, pour lui, sans importance ; il a découvert depuis peu, à la synagogue du quartier, le chant, la musique et tout un monde merveilleux qui est désormais le sien.

A 11 ans, Moshe est le seul garçon de la chorale de son école.

Au contact de la nature

Ses parents envoient Moshe poursuivre sa scolarité et travaillé dans le kibboutz Gesher, au grand air, dans la vallée verdoyante du Jourdain.

Il retrouve la nature, cueille les abricots, les semis de blé, trait les vaches, s’occupe de la basse-cour, tout en chantant, bien sûr, à pleine voix ! Moshe adore sa nouvelle vie.

Il imite Buster Keaton, Laurel et Hardy et les grands du cinéma muet américain qu’il découvre au ciné-club. Son préféré est Charlot, Charlie Chaplin, car il parvient à l’émouvoir jusqu’aux larmes.

A ce propos, Michel Jourdan à écrit dans son livre plein de tendresse, consacré à Mike, un poème touchant : .

Moshe va suivre des cours d’art dramatique au Théâtre d’Haïfa. Il est, à la fois, l’élève le plus doué et le moins discipliné.

Venez reprendre votre clown !

Au bout de deux ans, Monsieur Fichel Brant reçoit un télégramme:

Il va chercher son fils, devenu berger, qui retrouve son ancienne école Carméli d’Haïfa et ses orangers.

ll y restera jusqu’en 1960, sans faire d’éclat.

Au bout du compte, papa Fichel place son bon à rien de fils dans un centre d’apprentissage.

Désormais, Moshe Brand va réparer les frigos ; c’est un travail sûr dans un pays où l’on a terriblement besoin de se rafraîchir.

Déjà angoissé …

Moshe reste, malgré tout, une personnalité renfermée et tendue.

Il est même bientôt opéré, malgré son jeune âge, d’un ulcère de l’estomac, c’est dire s’il est angoissé !

Cela le privera du service militaire, si important socialement en Israël.

Après son opération, il devient guide au musée de la Marine d’Haïfa.

La famille Brand déménage au 10 de la rue Sarah.

Déjà chanteur …

Il décide d’arrêter de chanter à la chorale de la synagogue.

Sa voix est si belle qu’on lui confie des airs d’opéra, ce qu’il n’aime pas vraiment.

Un soir de 1962, en rentrant chez lui, il croise dans l’escalier son frère Zvi ; celui-ci, un accordéon sous le bras, va répéter avec une bande de copains du Conservatoire de musique.

Mais le petit groupe va mal, le duo piano-accordéon n’est pas bon, il manque une guitare et une voix.

Zvi son frére cadet de deux ans accordéoniste du petit groupe les chocolates invite Moshe alors âgé de 15 ans à en devenir le chanteur-guitariste :

Mike ne se fera pas prier ……

Le jeune homme est doté d’une voix de stentor.

Tout de suite, les filles de Haïfa n’ont plus d’yeux que pour lui.

Après un an de galère, les Chocolates signent un contrat avec l’hôtel Dan Carmel de la ville.

Ils se produisent alors au Rondo, la boîte de nuit du lieu, pendant 15 mois.

Le directeur de l’établissement s’apercevant du succès de Moshé auprès de la gent féminine, conseille au groupe de mettre en avant ce jeune Apollon.

Ainsi, les Chocolates deviennent Mickaël Sela et les Chocolates.

Le groupe reprend les standards américains comme « My Prayer » des Platters, ceux d’Elvis Presley, de Tom Jones, etc., à raisons de 150 chansons par soirée.

Le public, sous le charme, ne prête guère attention à l’interprétation phonétique du chanteur.

Sa popularité devient telle que Jonathan Karmon, le Monsieur music-hall d’Israël célèbre chorégraphe et directeur de revue vient l’écouter.

Il est surpris par la voix et le charisme que dégage ce jeune chanteur encore muet dix ans auparavant.

La mort du père de Mike en 1967 constitue une première épreuve pour lui.

Il décide d’embarquer au sein du Grand Music-Hall de J. Karmon pour une tournée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud.

Cette opportunité lui permet de travailler sa voix, son jeu de scène et d’apprécier la vie d’artiste en tournée.

Il se prend alors à rêver d’une carrière solo, de devenir une sorte de rock star comme son idole Tom Jones, chanteur gallois et célèbre Adonis à la voix envoûtante.

De retour de tournée, Mike se produit pendant l’hiver 68 au Baccara Club de Téhéran où il continue d’enflammer l’assistance en enchaînant plus de 300 titres par soir dont les reprises de tubes des Beatles, de Ray Charles et de Tom Jones, évidemment.

C’est lors d’une de ses représentations que la chance se présente sous la forme d’un couple extravaguant :

Sylvie Vartan venue se produire dans le même club et Carlos, secrétaire de la chanteuse.

Epoustouflés par la prestation de Mike, ils lui proposent de se rendre à Paris.

Mike achève son contrat avec le club et débarque en juillet 1969 à Paris sans connaître un seul mot de français et maîtrisant moyennement l’anglais.

Il n’a en poche que les numéros de téléphone de Carlos et de Sylvie.

Malheureusement, les deux artistes sont en tournée et les appels de Mike restent vain.

Décidé à repartir en Israël, il rappelle une dernière fois et obtient enfin quelqu’un au bout du fil.

Dès lors, Carlos le prend en main. Il l’héberge, lui présente Eddy Barclay et une partie du show-biz.

Sa carrière française ne démarre toujours pas.

L’obstacle de la langue est une des raisons de sa difficile intégration dans le monde artistique français.

Il cachetonne au Bistingo, cabaret et haut lieu artistique où se croisent les dénicheurs de talent comme Léo Missir, patron du label Riviera chez Barclay ou Monique Le Marcis, directrice des programmes de RTL.

Rien n’y fait.

Carlos, ne sachant plus que faire pour lancer la carrière du jeune Israélien, le conseille à Jean Renard, directeur artistique de Sylvie Vartan et de Johnny Hallyday tout juste auréolé du succès de « Que je t’aime ».

Il lui fixe rendez-vous chez Jean-Claude Vannier, talentueux musicien et arrangeur de son de toutes les grosses pointures françaises du moment.

Selon la légende, Mike, en un mot, « Summertime », et un accord, les subjugue et Jean Renard décide de le signer pour cinq ans.

Pour lui faire gagner un peu d’argent avant l’enregistrement du premier titre, Renard le confie à Inno Saada qui lui organise des tours de chant au Régiskaïa Club de Meudon la forêt.

L’enregistrement commence, Renard s’entoure de Jean-Claude Vannier, J.C Charvier, Gérard Tournier son éditeur qui avance les fonds.

Après 260 séances de pre-recording, le premier 45 tours de Mike, devenu Brant, intitulé « Laisse-moi t’aimer » écrit par Jean Renard sort en février 1970.

Il se vend à plus d’un million et demi d’exemplaires et s’exporte en Allemagne et en Italie où Mike enregistre dans les deux langues.

Renard ne s’occupe pas que de la musique Il a transformé Brand par Brant, il s’occupe de son look, chemise entrouverte en satin, pattes d’ef et boots.

Toute la panoplie du latin lover afin de satisfaire la presse « ado » en pleine effervescence (c’est l’âge d’or des idoles).

S’enchaînent alors les sorties de deux nouveaux 45 tours au printemps et à l’automne 70, « Un grand bonheur » et « Mais dans la lumière » qui vaut à Mike le Grand Prix RTL International.

Ceci lui permet de passer souvent sur les ondes de la radio grâce à Monique Le Marcis qui en fait son chouchou.

Sa cote monte, ses apparitions à la télévision dans les émissions de Guy Lux, des Carpentier et consorts ajoutent à sa renommée.

Les Françaises le découvrent et tombent sous le charme du « play boy israélien » à la voix chaude.

De plus, son pygmalion ne recule devant rien.

Alors que Mike est victime d’un accident de la route, son « manager » le prend en photo sur son lit d’hôpital et vend les photos au quotidien France Soir.

Cela occasionne une publicité fantastique pour la sortie en avril 1971 de son quatrième 45 tours écrit par Franck Gérald, « Nous irons à Sligo », qui devient immédiatement un succès.

Mike apprend donc les rouages du show-biz aux côtés d’un des tout meilleurs managers de l’époque.

Malgré tout, Mike décide d’avancer progressivement dans sa carrière, préférant se produire en province plutôt qu’à Paris, ne se sentant pas encore prêt.

Il sort en juillet 1971 un nouveau 45 tours « A corps perdu » chanson sexy et « Felicita » où sa voix est une nouvelle fois mise en valeur.

Même s’il est attiré par une carrière d’acteur, il ne veut pas trop pour le moment se disperser.

C’est pour cette raison qu’il aurait refusé coup sur coup un rôle dans un film de Luchino Visconti et un autre dans l’adaptation italienne de « Hair » au cinéma.

La réussite fulgurante de ses derniers 45 tours fait de Mike Brant la nouvelle coqueluche des jeunes.

Mike, après avoir refusé, semble prêt à se produire sur une scène parisienne.

Mais ce n’est ni l’avis et ni l’envie de Renard.

Mike se passe de son avis et c’est la rupture.

Il se produit en vedette « américaine » de Dalida à l’Olympia en octobre 1971.

Jean Renard lègue alors toutes les bandes du chanteur à Gérard Tournier qui devient son producteur.

Malgré cette séparation, l’année 1971 reste une année faste pour le chanteur qui vend un million de disques et reste donc quinze jours à l’Olympia.

Sa célébrité toute fraîche active les rumeurs d’ idylles avec de jeunes chanteuses comme Dani, Nicoletta ou Dalida, et exacerbe les jalousies courantes dans le show-biz.

Gerard Tournier va servir de lien entre Renard et Charles Talar qui devient le nouveau producteur de Mike, aidé par Alain Krief pour la musique puisque Jean-Claude Vannier, solidaire de Renard, stoppe sa collaboration.

Michel Jourdan qui a travaillé pour Aznavour, Claude François, Julio Iglesias et autres, devient son parolier.

« Une fille à aimer », 45 tours sorti à la fin de l’année 71 ne marche pas tellement, ce qui lui fait dire que « les chanteurs sont comme des yoyos, ils montent et ils redescendent ».

Il faut attendre la sortie de « Qui saura » en avril 1972 pour que Mike retrouve sa place de nº1 au hit-parade.

Ce titre est une reprise de « Que sera » de José Feliciano que celui-ci avait interprété lors du Festival de San Remo de 1971 où se trouvait aussi Mike.

La vente de ce disque dépasse les 2 millions d’exemplaires.

Le chanteur accède également à la place de numéro un dans le cour de milliers de fans devant Johnny et Sylvie et fait la couverture de Podium, Mademoiselle Age Tendre et autres magazines surfant sur la vague lucrative des idoles.

Ce succès attise une fois de plus les jalousies et les critiques envers ce chanteur à midinettes qui soi-disant manque de profondeur.

Il préfère rétorquer que « les chansons engagées sont bonnes pour les chanteurs sans voix », qu’il en a assez de ces « minettes hystériques qui crient pendant qu’il chante », souhaitant être vraiment écouté.

Il s’évade alors en jouant au foot le dimanche matin à Bagatelle en compagnie d’Adamo, Macias, et autres rares amis qu’il a dans le milieu.

Car même avec les cohortes de jeunes filles qui l’attendent patiemment dans ses escaliers, Mike paraît esseulé sans réel entourage affectif, lui qui semble avoir besoin de se sentir aimé.

Cette situation le pousse à être plus critique.

On s’aperçoit alors qu’il n’est pas qu’un « piège à filles ».

Son désir de reconnaissance passe par la composition.

Il signe ainsi sa toute première en septembre 1972 sur « C’est ma prière », chanson écrite par Richard Seff.

Immédiatement, le 45 tours se retrouve nº1 au hit-parade.

Sa famille est très fière de cette première création mais elle s’inquiète un peu car Mike semble être pris en otage par son succès, lui qui enchaîne 250 galas dans la seule année 1972.

Son producteur, Charles Talar, le fait désormais circuler dans une voiture blindée.

Il l’entoure de cinq gardes du corps. Le chanteur reste cloîtré chez lui, n’ayant comme autre ouverture sur l’extérieur que son téléphone.

Ce repli semble le toucher, il confie à sa mère que « son coeur devient une horloge », qu’il n’en peut plus.

La pression médiatique lui ôte le peu de liberté qui lui reste.

Pour autant, il continue de composer sur les textes de Michel Jourdan.

Vont sortir ainsi « Que tu es belle » et « Toutes les couleurs » entre fin 72 et début 73.

Il enchaîne les tournées de promotion en Europe, au Japon, en Australie, etc. En avril 1973, il sort le 45 tours « Rien qu’une larme » qui une nouvelle fois, le consacre nº1 en France mais aussi dans beaucoup d’autres pays.

Ainsi, il en vend 120.000 exemplaires au Canada. Puis de nouveau, un succès avec la sortie de « Tout donné, tout repris » qui lui, se vend à un million d’exemplaires.

Il fait alors la rencontre de Grita, mannequin danoise et semble connaître pour la première fois de sa vie le grand amour.

Quand celle-ci lui demande de ralentir le rythme infernal des galas, il hésite mais ne s’y résout pas.

C’est sans doute la cause de la rupture entre les deux tourtereaux. Cet épisode fragilise encore un peu plus ce mal-aimé.

En 1974, Mike signe chez Polydor et change de producteur.

Désormais, c’est Simon Waintrob qui le prend en charge.

C’est un homme précédé d’une réputation sulfureuse qui s’occupe entre autres de Salvador Dali.

Mike côtoie alors un autre milieu artistique.

Lui qui aime peindre se retrouve en compagnie du génie surréaliste.

Celui-ci lui offre plusieurs lithographies lors d’un voyage chez le maître à Cadaqués avec Mick Jagger et Alice Cooper.

Selon sa mère, inquiète des nouvelles relations de son fils, il est entouré de « vautours » qui le pillent.

Pourtant, Mike continue à créer ses musiques, toujours accompagné de Michel Jourdan pour les textes.

En mai et octobre 1974, ils sortent plusieurs 45 tours : « C’est comme ça que je t’aime », « Viens ce soir », « Toi, mon enfant », toujours bien reçus par le public et par les 35.000 membres de son fan-club qui attendent impatiemment les sorties de ses disques. Mais Mike semble fragilisé.

En effet, début mai 1974, devant 4.000 personnes réunis à Boissy-Saint-Léger, il quitte la scène après quatre chansons, laissant ses fans médusés.

Puis quelques jours plus tard à Cambrai, il brise le miroir de sa loge d’un coup de poing.

La nervosité, l’anxiété ajoutées à un mauvais entourage, déboussolent Mike.

Un autre incident survient en juin 1974. Son appartement est cambriolé.

On lui vole les lithographies de Dali, des pièces d’or données par le Shah d’Iran qu’il considère comme des porte-bonheur.

Mais c’est la disparition des photos de famille et des bijoux de sa mère qui le touche.

« On m’a arraché aussi ma vie » dit-il.

Il souffre alors de dépression.

Sur les conseils de Johnny Hallyday, il s’éloigne du monde des paillettes et part séjourner à Genève afin de reprendre des forces.

Le 21 novembre 1974, il tente de se suicider en se jetant par la fenêtre de son hôtel.

Il s’en tire avec plusieurs fractures.

l semble se trouver sur le fil, ce qui confirme les dires de ses proches collaborateurs qui indiquaient, avant sa tentative, que Mike se renfermait sur lui-même.

En même temps, ses disques comme « C’est comme ça que je t’aime » se vendent par milliers.

L’état de Mike oscille entre l’envie de vivre et des périodes de forte déprime.

Il reprend le chemin des studios et sort en janvier 1975 « Qui pourra lui dire » et « Elle a gardé ses yeux d’enfants » dont les paroles sont signées Richard Seff et M. Jourdan.

Les mois suivants, Mike se plonge dans la création d’un nouvel album.

Lors de l’enregistrement, il retrouve Jean Renard et les deux hommes décident de collaborer à nouveau.

Son disque avec « Dis-lui », adaptation de « Feelings » de Loulou Gasté et Morris Albert, sort au début du mois d’avril 75.

Mike le considère comme son meilleur disque et paraît reprendre goût à la vie.

Mais cela n’est qu’une façade.

Le 25 avril 1975, Mike Brant se jette de la terrasse de l’appartement d’une amie mais cette fois-ci, la mort est au rendez vous, il meurt sur le coup.

Le monde musical est sous le choc.

Les membres de son fan-club et des milliers d’anonymes pleurent la mort de l’idole.

Le 7 mai, il est enterré à Haïfa en Israël.

Quinze jours après sa mort, « Dis-lui » se vend à plus d’un million d’exemplaires.

Trente trois ans après les faits, l’énigme de sa mort est toujours présente car son geste reste inexplicable.

De plus, son suicide est suivi en 1976 de celui de son secrétaire Alain Krief, puis de celui de Simon Waintrob, faits qui viennent jeter un certain trouble parmi les admirateurs du chanteur.

L’engouement des fans après plusieurs décennies est toujours vivace et les compilations de ses succès se vendent à une moyenne de 200.000 exemplaires par an.

Aujourd’hui, ses fans réunis au sein du « Mike Brant Star-Club », comptant environ 2000 admirateurs en Europe, organisent deux à trois soirées par an à sa mémoire en compagnie de sa famille dont son frère Zvi et les collaborateurs comme M. Jourdan.

Comme le souhaitait Mike, une chorale à son nom reprend ses chansons perpétuant ainsi ses refrains inoubliables et la mémoire du chanteur.

Pour bien comprendre la fin tragique et cruelle de Mike Brant retour sur la disparition d’un artiste irrmplaçable ….

Un bien étrange producteur

En 1974, si Mike continuer de chercher sa voie, il avait cependant changer de producteur en quittant Charles Talar pour signer avec Simon Wajntrob.

Ce producteur connaît la terre entière, possède de grands bureaux sur les Champs-Elysées, une Rolls bleue, et côtoie le monde des chevaux et de la peinture.

Mike n’est pas un homme d’affaires et il se laissera facilement impressionner par Wajntrob qu’il rencontre un soir dans le club de son amie, la chanteuse Dani.

Avec ce producteur, Mike, qui cherche à briser sa solitude et à connaître de nouveaux horizons, découvre un autre monde encore plus fou, celui des milliardaires, des yachts et des ports privés, des écuries de courses et des haras, des manoirs en Normandie et en Sologne, des jolies femmes aristocrates …

Mais comment garder les pieds sur terre dans ce milieu coupé des réalités de la vie ?

Mike a-t-il fait le bon choix ? Ses proches en doutent !

C’est comme ça que je t’aime

En 1974, il enchaîne les tubes qu’il enregistre pour Simon Wanjtrob :

« C’EST COMME ÇA QUE JE T’AIME », « SERRE LES POINGS ET BATS-TOI », « ON SE RETROUVE PAR HASARD » et, à l’automne, « QUI POURRAS TE DIRE » ?

A Noël, Mike sort un nouveau disque, son quatrième et dernier album.

Il cherche de nouveaux horizons artistiques et avertit : «Jusqu’alors, j’étais jeune, j’étais novice dans le métier et même si, souvent, j’ai eu le sentiment d’avoir raison, je me suis toujours rangé à l’avis de mon entourage.

Désormais, terminé !

Je veux être un artiste, un vrai, qui fonctionne selon les élans de son coeur.

Sachez qu’en ce sens, ma carrière est en train de prendre un tournant décisif.»

Et puis, Mike est perturbé par la guerre entre Israël et ses voisins, son frère se bat sur le front du Gola.

Il part chanter devant les soldats combattants et visiter longuement les blessés dans les hôpitaux …

Mike pleure dans les loges …

Supporte-t-il encore sa gloire et sa condition de star ?

Ce n’est pas sûr !

Son comportement devient vraiment de jour en jour de plus en plus étrange.

Le 4 mai 1974, lors d’un gala à Boissy-Saint-Léger, il s’arrête à la quatrième chanson, délaisse 4000 spectateurs médusés et se sauve dans la nuit …

Le 11, à Cambrai, il casse le miroir de sa loge à coups de poing.

Désormais, il pleure dans les loges avant d’entrer en scène …

Mike ne va pas bien et tout le monde s’en rend compte.

Pourtant Mike n’a jamais été aussi populaire.

Il avoue à cet instant à la journaliste Monique Pantel qu’il voudrait tourner un film et qu’il n’aime pas les minettes hystériques parce qu’elles crient pendant qu’il chante, sans l’écouter vraiment.

«Il avait, dans le travail, se souvient un de ses photographes attitrés, Bernard Leloup, un caractère de cochon, exigeant et méticuleux.»

Fin juillet 1974, il va se reposer à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon, puis durant l’automne en Suisse, à la montagne, à Saint-Cergues, près de Genève.

Première tentative de suicide

Le 22 novembre 1974, à bout, Mike fait une première tentative de suicide, en se jetant du cinquième étage de l’hôtel de la Paix, à Genève.

Ses chaussures à talons l’arrêtent au troisième étage.

Dalida et Charles Aznavour viennent discrètement le visiter à l’hôpital et soutenir son moral chancelant.

Auprès de ses amis, il s’excuse de son geste, qui l’a dépassé : il n’est pas doué, dit-il, pour le bonheur.

«J’aime la vie, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça !»

Finalement, Mike Brant s’en sort bien, il en est quitte pour un traumatisme crânien (encore un !) des fractures des deux jambes, dont une ouverte, de la gauche, qui perdra dans l’épisode deux ou trois centimètres.

Bientôt, à sa grande fierté, il arrive à marcher sans béquilles, mais en serrant les dents…

Ses proches s’inquiètent …

Sa mère et son frère ainsi que sa fiancée Lena arrivent à son chevet.

Zvi, son frère, prend conseil auprès d’un professeur de Jérusalem qui lui dit : «Votre frère doit venir se faire soigner ici, chez lui.

Car même s’il a affaire, en Suisse, aux plus grands psychiatres, aucun d’eux ne pourra comprendre ses souffrances …

Ce sont celles d’un enfant né de parents ayant survécu à l’Holocauste.»

Mais Mike ne veut pas rentrer au pays et sa famille ne peut l’obliger à le faire.

Désormais, Mike devient instable et oscillera en plus entre euphorie et mélancolie.

Ses colères sont terribles, ses crises d’abattement également.

«Entre la première et la deuxième tentative de suicide, je sentais bien que Mike allait mal, peut-être parce qu’il était devenu trop lucide et ce, même s’il disait qu’il ne recommencerait plus», précise Michel Jourdan.

Une dernière chanson

Le 2 février, dans sa petite chambre de l’hôpital de Genève, il fête, dans la bonne humeur, son vingt-huitième anniversaire, avec sa mère, ses deux infirmières et son chirurgien.

Celui-ci annonce pourtant une cinquième opération de la jambe gauche, partiellement atrophiée.

Mike et ses paroliers travaillent intensément la phonétique des textes de ses chansons, afin de mieux servir sa voix bouleversante.

Et il continue à être le plus gentil des chanteurs, qui n’hésite pas à se déguiser en Père Noël pour ses fans.

À Toulouse, Mike conseille utilement une maman désespérée par sa petite fille muette :

«Laissez une lampe allumée près de son lit.»

Il confie : «Un jour, j’aurai un enfant et ce sera une renaissance …»

Mais il n’aura pas le temps de tout dire …

Au printemps, Mike Brant enregistre, à Toulouse, l’adaptation du célèbre tube de Morris Albert, FEELINGS, sous le titre DIS-LUI. «Mike était très occupé, donc je n’avais jamais l’occasion de lui parler des chansons avant qu’il les enregistre.

Et sans connaître la chanson, il l’interprétait avec une émotion extraordinaire !

Il avait un instinct du phrasé, de la respiration.

C’était un immense interprète…» dira Michel Jourdan.

A l’écoute de DIS-LUI, Mike est satisfait et il confie à son complice, Michel Jourdan, qui en a écrit les paroles : «Nous irons à l’Olympia avec cette chanson.»

Quelques jours plus tard, il vient d’arrêter le traitement qu’il suivait et qui le faisait grossir, Mike doit faire sa rentrée à la télévision chez Guy Lux et à la radio à RTL et, doit même visiter un appartement avec Lena, sa fiancée, le vendredi 25 avril …

Une mort mystérieuse

Ce vendredi-là pourtant, après avoir écouté le premier mixage de DIS-LUI, Mike Brant se jette du sixième étage d’un immeuble parisien …

Quand la nouvelle tombe, des milliers de jeunes pleurent la mort de leur idole.

Sur toute les lèvres et dans tous les regards les mêmes questions :

«Pourquoi un homme aussi jeune, aussi beau et aussi doué s’est-il suicidé ?»,

«Que pouvait-on faire pour l’en empêcher ?» …

Pendant la cérémonie religieuse, à la synagogue du 44 rue des Victoires, à Paris, il y a un monde fou.

Le chagrin qui remplit le coeur des personnes présentes est insoutenable.

Le temps s’est arrêté … à jamais.

Des morts en série

Moshe Brand, dit Mike Brant, qui rêvait de créer une chorale d’enfants de toutes les couleurs et de tous les pays, a été inhumé le 7 mai 1975 au cimetière du camp David d’Haïfa.

Au-dessus de sa tombe, un arbre coupé pour symboliser une vie brisée.

En 1983, sa mère meurt d’un second infarctus, en fait, de chagrin.

Mais ce n’est pas tout : son secrétaire Alain Krief ainsi que son dernier producteur Simon Wajntrob mourront bientôt de mort violente, sans que la police ait jamais pu déterminer s’il s’agissait de suicide ou de meurtre !

Que se passe-t-il dans l’entourage de Mike Brant ?

La presse populaire parlera peu de ces affaires «pas normales» mais s’étendra longuement sur le portrait astrologique de Mike Brant, qui révèle un être assoiffé d’amour …

Aujourd’hui, son fan-club entretient soigneusement sa mémoire.

Et tous les enfants qui entendaient leurs parents se passer ses disques (dont TOI MON ENFANT de 1973…) prennent le relais et deviennent à leur tour des porteurs de la flamme de l’idole disparue mais toujours si présente.

Qui saura vraiment ?

Toutes les hypothèses sont ouvertes.

Une grosse dépression ?

Une saturation psychologique liée à son métier, mais également à son enfance ou à son entourage ?

Dans son numéro de septembre 1995 de VSD, le chanteur Dave parlait de révélations qui lui avaient été faites par le dernier producteur de Mike, Simon Wajntrob, mettant en cause certaines personnes de l’entourage du chanteur qui l’auraient poussé psychologiquement à son geste fatal …

Mike Brant s’est-il suicidé ou a-t-il été la cible d’une organisation qui a méticuleusement étouffé l’affaire ?

Saura-t-on jamais ?

L’ancien réalisateur en chef de Salut les Copains, Eric Vincent, dira après coup : «Mike Brant était fragile pour exercer un métier public»

Son parolier Michel Jourdan, qui le connaissait si bien, écrira pour sa part, dans le livre Il n’a pas eu le temps : «A cause de l’Holocauste subi par leurs parents, les enfants de déportés restent marqués à vie. Ils héritent, plus ou moins, d’une sorte de brouillard au fond des yeux et de bleus à l’âme à jamais indélébiles…»

Voilà peut-être l’explication du mystère Mike Brant.

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